Chapitre 10 : Les forges de la Citadelle


Une étendue immense d’arbres pourpres parcourait la vallée d’Alleya. Elle longeait les abords des cavernes dans lesquelles les Hommes s’étaient cachés pendant la Grande Purge, et s’étendait bien au delà, à l’Ouest, pour finir par se briser contre les montagnes sacrées. Cette forêt, qui était presque inexistante dans les anciens temps, s’était nourrie du sang des victimes des grandes batailles de la guerre purificatrice d’antan, et en avait tiré une vigueur exceptionnelle. Son feuillage aussi riche qu’écarlate était un hommage au don qu’avaient fait les nomades des temps jadis, prêts au sacrifice ultime pour ne pas tomber aux mains ennemies, achevant leur vie sur l’autel, dans un rituel qui garantissait la sécurité de la nature divine pour leur famille survivante. Les stigmates de cette période restaient marqués sur la terre à travers ces nombreux arbres-témoins, pour permettre aux différentes races de ne jamais oublier les combats terribles et meurtriers qui les avaient opposées.
Cette époque était depuis longtemps révolue, néanmoins les hommes marquaient encore leur préférence pour les demeures cachées, souterraines, profondément enfoncées dans le sol ou creusées dans la roche. Toujours dans l’ombre rassurante du bois.
Dominant cette masse sauvage, semblant s’agripper au flanc de la montagne, se dressait la citadelle troglodyte de Paar, flanquée de ses deux énormes soufrières. Son architecture, que nombre de magiciens ou d’Elfes auraient qualifié de minimaliste, était composée de lignes droites taillées dans la roche, qui couraient vers le ciel, se laissant parfois engloutir par d’imposantes veines de pierre dont les hommes n’étaient pas venus à bout. Les étroits trous qui la perçaient faisaient offices de fenêtres. Seule l’arche démesurée qui marquait l’entrée de l’édifice, reliée au pont de pierre enjambant une rivière qui permettait d’y entrer, pouvait être qualifiée de correcte pour les autres races civilisées. Malgré cette esthétique rudimentaire, la citadelle était difficilement attaquable du fait de ses remparts naturels. La montagne, bien sur, anéantissait toute idée de la prendre à revers, tout comme la forêt d’un côté et, de l’autre, une étendue de marais à perte de vue où il semblait difficile de faire progresser une armée. Les temps restaient peu sûrs pour les hommes, et une vigilance constante était leur meilleure défense.
C’était d’ailleurs cet état d’esprit qui avait contribué à créer un lien solide avec leurs plus proches voisins. En effet, les habitants des marais étaient très vite devenus les premiers alliés de la citadelle. Ces Elfes à la peau sombre, bannis dans les coins les plus inhospitaliers d’Edengardh par leurs compatriotes adeptes de magie, avaient bien plus de liens avec ce peuple faible mais fondamentalement révolté qu’avec leur propre espèce. L’alliance entre eux avait été des plus naturelles. N’était-ce pas les natifs de la magie qui avaient cherché à se débarrasser des faibles races non magiques, qui, selon leurs dires, souillaient la terre, par la proclamation de la Grande Purge ?

Le maître de la citadelle ne la quittait guère plus depuis de nombreuses années. Il avait, comme tous ceux de son espèce, une méfiance-née pour l’extérieur. Sa dévotion pour la cause humaine était sans égale mesure, et petit à petit, le plus naturellement du monde, il avait réussi à organiser toute la vie de la race autour des activités qui faisaient maintenant la richesse de Paar. Sa longévité exceptionnelle lui avait permis de bâtir des chantiers colossaux qu’il avait pu voir se réaliser de son temps. Son plan était d’une ambition incroyable, même s’il était le seul à en avoir un aperçu global. Il était de ceux que l’on appelait visionnaire éclairé.
Constamment assis sur son trône, l’air ailleurs, il faisait venir à lui les spécialistes de tous les domaines, tranchait sur les questions importantes, assumant à lui seul le poids des décisions, des plus légères aux plus graves. Les chefs de clan prenaient leurs conseils auprès de lui, et le Réunificateur lui-même lui était officieusement assujetti. On le nommait rarement autrement que le « Berger ».
Il était peu judicieux, pour un homme, de s’inscrire visiblement contre un personnage aussi puissant et adulé.
On ignorait son origine. Humain, très certainement, mais plus que cela. Certains le voyaient en prophète. Pour ses ennemis, s’il n’était pas réellement magique, c’était un homme maudit, qui aurait cédé une partie de son humanité contre un pouvoir trop important pour appartenir à une seule personne. Toujours est-il que ses yeux injectés de sang étaient striés de veines d’or qui donnaient un éclat particulier au noir de ses iris. Cet effet était renforcé par une couronne, ornée en son centre d’un œil-de-tigre, faite de filaments cuivrés qui dégoulinaient sur son épaisse chevelure sombre, raide, tombant sur ses épaules, encadrant un visage blafard et à demi éteint. L’incertitude autour de ce personnage était telle que l’on ignorait jusqu’à son genre. Il y avait quelque chose de féminin dans son visage, même si ses traits restaient durs. Sa taille n’était pas marquée. Il était fin, pointu, filiforme, comme un jeune garçon qui aurait beaucoup grandi en peu de temps. Avec le temps, la question de son sexe était devenue secondaire, passant derrière les maintes interrogations qu’il suscitait.

Depuis que la nouvelle de l’attaque de la Vallée du Dôme était parvenue jusqu’à la citadelle, le Berger avait sombré dans un mutisme presque complet. La volonté d’affaiblir à nouveau les hommes par ce geste, pour ne pas dire les exterminer, était évidente. C’était une provocation que l’on pouvait facilement prendre pour une déclaration de guerre.
Cela faisait longtemps qu’il avait décidé de déplacer le centre politique des hommes en dehors de la citadelle, afin d’éviter que ce genre d’attentat détruise tout pouvoir de décision chez les siens, et pour se protéger lui-même. Néanmoins, il le savait bien, la prochaine cible serait Paar, qui était une capitale économique enviée même chez les hautaines races magiques. La protection du peuple était son obsession principale.
Après la Grande Purge, les hommes s’étaient aperçus qu’il serait dangereux pour leur survie de continuer à vivre dans les plaines, à cultiver la terre ou élever du bétail comme ils le faisaient avant. Ils étaient trop vulnérables aux attaques. Exilés dans les montagnes et les cavernes, au fin fond du territoire, ils s’étaient servis de ce que la terre aride et les roches avaient de plus précieux pour en faire le commerce et le troquer contre les produits de premières nécessités. Tout d’abord, aux premiers temps de ce que les historiens magiques appelaient « paix », ils avaient cherché à vivre en autarcie. Certains avaient gardé les coutumes nomades, vivant de la chasse, la pêche et la cueillette, de tout ce que la forêt nourricière pouvait leur apporter, voyageant de cavernes en cavernes au gré des saisons ; d’autres s’étaient établis dans les montagnes et étaient devenus bergers, produisant du lait et de la viande. De grands marchés avaient lieu pour échanger les denrées.
Puis un berger était descendu de sa montagne pour réorganiser le monde. Des grottes creusées dans la roche, il avait fait des mines. Il était doué pour trouver des filons prolifiques et orienter les recherches des hommes, au point que la rumeur avait couru qu’il parlait à la montagne. L’or et les pierres précieuses avaient fait la richesse de la cité en quelques années. Le peuple à genoux, dépouillé de tout et incapable de magie, avait utilisé la technique pour faire sa richesse. Leurs travaux d’orfèvrerie, inimitables par la magie, étaient recherchés dans tout Edengardh, et faisaient de nombreux envieux. Le Berger avait dit, une fois, que c’était l’effort et l’acharnement au labeur qui rendaient les pièces de Paar si belles ; une fatigue au travail manuel que ne pourraient jamais connaître les êtres magiques. Cette phrase était restée dans la mémoire des hommes comme la confirmation d’une nouvelle force.
Aujourd’hui, le travail du fer et du cuivre remplaçait celui des matières précieuses dans de nombreuses soufrières. Le fruit du travail des orfèvres et des joailliers était réinvesti dans quelque chose de plus ambitieux, que les hommes gardaient secret. Plus secret encore que pouvait l’être la localisation de la citadelle. Le Berger, qui n’était pas homme à se fier entièrement à ses semblables, n’avait pas laissé l’opportunité à quiconque de faire le lien entre les différents savoirs.
Il songeait souvent à cette chose, se demandant si elle était déjà prête. Ses desseins avaient façonné le monde des hommes jusqu’à atteindre une étape décisive. Le petit peuple prospérait ; il commençait à s’attirer le regard des puissants de ce monde, qui se désintéressaient d’eux depuis longtemps. L’attaque du Dôme avait été meurtrière mais elle visait surtout à le déstabiliser. Le souverain espérait simplement que le temps n’allait pas lui manquer.

Il referma ses mains osseuses sur son manteau. Malgré le feu imposant que l’on avait fait dans la grande salle, il faisait froid. Un vent presque hivernal était venu de la mer, par delà les montagnes, semblant vouloir saisir toute chose vivante et la transir. L’hiver d’Edengardh venait toujours de Paar. Le brasier renvoyait une lumière orange qui déformait les ombres et donnait une irréalité à tout ce qui se trouvait dans la pièce, mais n’était pas suffisant pour la chauffer. Elle était trop importante, avec ses piliers colossaux soutenant des voûtes à une hauteur impressionnante. L’intérieur de la citadelle ne paraissait pas être à échelle humaine mais fait pour un peuple deux ou trois fois plus grand. C’était ce qu’aimait le Berger, que chacun ait l’impression d’être écrasé par l’importance du lieu. Il ne savait pas pourquoi, pourtant cette architecture contribuait efficacement à impressionner ses interlocuteurs.

Au centre de la grande salle se dressait un être qui l’intéressait tout particulièrement. Il venait de finir un combat amical contre un garde de la citadelle. Presque un homme fait, plus tout à fait un enfant. En le regardant, le Berger ne voyait que le potentiel illimité d’un Humain qui ne savait pas encore où tourner son regard. Les deux pieds campés sur la terre battue, il était l’image même des guerriers païens des temps jadis. Non qu’il fût particulièrement imposant, surtout au regard des géants gardiens de la citadelle contre lesquels il s’entraînait inlassablement, mais il était implacable. La fureur qui l’animait, l’envie de sauver sa vie et de la remettre en jeu à chaque combat étaient presque primitives.
An-Guë.
Le Berger avait constamment un œil sur lui depuis qu’il était arrivé à la citadelle, sept années plus tôt. Sa présence ce jour-là, ainsi que celle de nombreux enfants, visait à garantir le vote de leurs parents pour l’aspirant Réunificateur choisi par la citadelle. Il était le fils bâtard d’un chef de clan mineur. Il y avait de la peur dans les yeux de tous ces pauvres chérubins quand on les avait amenés ici, tels un troupeau de mouton, mais pas dans ceux de An-Guë. On pouvait simplement y lire un vif intérêt pour la situation, et un désir farouche d’en tirer le plus de profit possible.
Certains des enfants étaient morts en quelques temps, rendus malade par l’atmosphère vicier qui venait des marais alentours. Les autres avaient été rendus à leurs parents. Cependant, lui avait choisi de rester à la citadelle et de s’y entraîner comme un gardien, bien qu’il n’en ait pas le physique. Son entraînement avait été marqué par le zèle qu’il y mettait, autant que par le choix de ses armes. Habitué à s’entraîner avec des gardiens qui utilisaient une épée et avec des Elfes sombres préférant une arme malléable, et conscient de ses limites en terme de force et de vitesse, il s’était fait forger une lourde épée à deux mains qui lui permettait de tenir ses adversaires à une distance respectable et, en même temps, de gagner en force et en puissance en utilisant l’inertie liée au poids de son arme.
Son opiniâtreté autant que sa lisibilité facile des choses en faisait un allier redoutable que le Berger entendait ne pas négliger. Certes le jeune garçon sortait tout juste de l’enfance, son corps n’avait pas encore la stature d’un homme ni son expérience, néanmoins derrière un sourire enjôleur qu’il affichait sans arrêt, il avait un potentiel de meneur d’hommes redoutable.

An-Guë passa sa main dans ses cheveux blonds coupés courts. Il était essoufflé, il sentait ses joues le brûler, mais il avait gagné ce combat. Enfin, il aurait gagné si son adversaire n’avait pas été un allier à maintenir en vie si possible. Les muscles de ses bras le tiraillaient. Il aurait fallu qu’il pense à relâcher plus de poids sur ses jambes quand il affrontait quelqu’un d’aussi puissant et lourd. Il avait cru un instant que le grand homme allait créer une brèche en maintenant son épée à distance grâce aux protections métalliques de son avant-bras, mais il avait paré au problème en donnant une impulsion suffisante à son arme pour qu’elle renverse le gardien si elle ne le blessait pas. Dans cette position de faiblesse, il lui avait été facile de prendre l’avantage. Cependant l’effort avait été important. Il fallait absolument qu’il se muscle davantage s’il voulait tenir un combat plus long.
Il se tourna vers le Berger qui le contemplait sans rien dire et s’inclina rapidement.

– Il est temps, dit l’homme d’une voix quasiment inaudible. Va me la chercher.

An-Guë acquiesça silencieusement et tourna les talons vers la sortie.

Il descendit quelques étages pour arriver dans les souterrains, l’endroit le plus bas de la citadelle. Les cachots renvoyaient une odeur de feuilles pourries qui venait des marais, et de l’humidité constante qui envahissait le sous-sol. Dans l’une des premières cellules était enchaînée une jeune Humaine. Les liens qui l’entravaient lui maintenaient les mains au dessus de la tête quand elle était assise ou allongée. Ses cheveux noirs, sales, lui tombaient sur le visage. Visiblement, elle n’avait pas pu faire sa toilette depuis des jours.

Lorsque le garçon ouvrit le verrou de sa cellule, elle ne prit même pas la peine de lever ses yeux hagards vers lui. Il décrocha la longue chaîne de manière à ce que ses mains ne soient plus suspendues puis la tira brutalement vers lui, forçant la femme à se rapprocher jusqu’à être à portée de main. Puis il prit son visage entre ses mains pour l’obliger à le regarder et la contempla de ses yeux bleu pâle en lui caressant les joues de ses pouces.

– Le Berger n’est pas content, lui dit-il doucement. Nous sommes venus te chercher jusqu’à la Grande Académie de Magie, nous avons pris des risques importants pour t’en sortir et te ramener vers ceux de ta race. Tu étais une otage du peuple magique, tu ne te souviens pas ? Certes, ta cage était dorée, mais ce n’était toujours qu’une cage. Toi, et les deux autres devins mineurs, vous étiez utilisés pour vos visions mais vous n’aviez pas plus de valeur que ça à leurs yeux. Je t’ai sauvée.

– Je n’avais rien demandé, répliqua faiblement la femme.

– Nous voulions simplement connaître la prophétie que tu avais livrée aux magiciens. Il n’y avait pas de raison pour que le monde des hommes ne soit pas au courant. Mais à cause de toi, nous avons perdu une pièce majeure de cette histoire.

– Je vous ai dit tout ce que je savais.

– Mais pas assez vite, articula An-Guë d’une voix plus forte. À cause de toi, Aïdelyn a pressé ses plans. Elle est venue ici, sous notre nez pour enlever l’élément d’eau, Chloé. Pourtant les alentours étaient sécurisés. Nous avions placé le territoire elfique sous la garde conjointe des Elfes sombres et des Gardiens de la Citadelle. Tu te rends compte, ils nous ont envoyés rien de moins que la directrice de la Haute Académie !

– Tout le monde veut s’approprier les prophéties, éluda la jeune femme, méprisante.

An-Guë ferma les yeux pour apprécier le souffle chaud de la prisonnière sur son visage.

– Je suis déjà venu te voir, lui murmura-t-il, tu sais bien que mes intérêts vont au delà de cette stupide vision que tu as pu avoir. Cela ne m’intéresse même pas. Oztas, nous nous connaissons depuis longtemps. Je t’ai toujours vue. Nous avons été élevés dans le même camp, presque dans la même famille.

– Tu étais un petit garçon quand tu es parti.

– Oui, j’ai grandi et ma fascination pour toi s’est transformée en attirance. Mais depuis toujours tu m’ignores.

– Nous sommes de la même famille, argumenta-t-elle d’une voix brisée, en essayant sans succès de dégager sa tête de son étreinte douce mais ferme. Mon cousin…

– Tu sais bien que c’est faux. Tu es la nièce de la compagne de mon père et je suis son bâtard. Ça ne fait pas de toi ma cousine. Tu as du sang royal et sans doute de magicien dans les veines. Tu le portes sur toi. Tu te joues de moi. Quant à moi… Je ne suis même pas sûr que ma rétention ici ait changé quoique ce soit à cette stupide lutte de pouvoir pour laquelle on m’a séparé des miens.

– J’ai presque dix ans de plus que toi. An-Guë, tu es encore tellement jeune ! Même si physiquement tu commences à ressembler à un homme, tu n’as pas quinze ans.

– Et alors ?

– Relâche moi, laisse moi partir… je t’en prie !

– C’est impossible. Comprends bien que c’est au dessus de mes forces. Je n’imagine pas un monde sans toi, c’est impossible. C’est pour cela que j’ai pris le risque de venir te chercher aussi loin. Peu importe ce que le Berger attend de toi maintenant, il peut être sûr que je ne te laisserai jamais t’échapper à nouveau loin de moi.

Otzas le regarda droit dans les yeux, avant de lui cracher au visage, ce qui lui valut un regard plein de pitié de son geôlier. Elle se tortillait pour libérer la chaîne des mains puissantes du garçon.

– Tu entends ce grondement continu qui semble ébranler la citadelle ? reprit An-Guë, s’essuyant la joue d’une main comme s’il ne s’était rien passé. Ça vient des soufrières, mais aussi de l’intérieur même du bâtiment. Quelque chose de gigantesque se prépare.

Il se pencha vers elle jusqu’à ce que son visage soit à la hauteur de celui de la voyante, repoussant légèrement ses jupons pour enfoncer son pouce dans la chair de sa cuisse.

– Je peux te faire une prophétie moi aussi, lui murmura-t-il à l’oreille. Il va y avoir une guerre très bientôt. Et tout le monde la perdra.
Je suis fait de feu, de sang et de fer. J’ai l’impression que je ne peux pas mourir, que je suis déjà mort. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est tuer le fantôme de mes obsessions, celui qui vient jour après jour hanter ta cage.

Il laissa échapper un soupir.

– Pour qui existeras-tu quand je serai mort ?

Au prix d’un effort considérable, elle mit sa main contre la joue du jeune garçon, le forçant à la regarder dans les yeux.

– Reviens, reviens vers moi… Je t’en prie ! Partons tous les deux si tu le veux.

– Ne dis pas de bêtises. Il n’existe pas de fin agréable pour nous, aucune issue. Ton rôle est terminé dans cette histoire, et le mien aussi. Que pouvons-nous être maintenant, sinon les dommages collatéraux ? Nous n’existons déjà plus. Nous nous dissolvons dans le passé.
Je t’aime.
Et ça ne sera jamais assez.
Certes, je suis un otage, mais toi aussi. Otage des hommes et otage de la magie, alors quelle importance cette guerre puisque tous les camps se ressemblent ? Je reste car je vaux plus armé et entouré d’amis. Ainsi je peux te protéger. Ainsi je peux te garder pour moi toute l’éternité.

En regardant le sourire confiant sur le visage du jeune garçon, Oztas aperçut les dents reptiliennes qui apparaissaient de temps en temps lorsqu’il parlait.

– Mais que t’ont-ils fait ? s’exclama-t-elle, horrifiée.

– Oh, ça ? sourit-il en touchant ses dents. Tu es très loin du compte si tu crois nous connaître. Il y a des choses que vous, les devins, ne pouvez pas voir. La citadelle est protégée par un charme magique très ancien lié à la terre. Tes petits magiciens n’ont jamais essayé de le comprendre, je pense que ça les dépasse très largement. Il y a très longtemps, des gens se sont sacrifiés pour protéger leur peuple, et la forêt qui est apparue à la suite de ces événements fait aujourd’hui encore barrage à la magie de tes drôles d’amis. Par conséquent, nous sommes protégés de tes visions. C’est pour cela que votre prophétie est incomplète. Certes, tu as vu l’élément d’eau et celui d’air, mais ceux de feu et de terre ne te sont pas accessibles.

– J’ai vu Chloé, l’Elfe.

– Ah oui… Mais les marais ne font pas partie de notre territoire, que je sache. Nous sommes alliés. Ils n’en sont pas moins des Elfes.
Je vois que tu commences à comprendre que nous ne sommes pas aussi naïfs que nous en avons l’air. Il y a pire pour vous : nous ne sommes pas aussi vulnérables que nous en avons l’air non plus.
Mais je ne veux surtout pas gâcher la surprise du Berger. Il t’attend. Même si je suppose que tu ne t’imagines pas l’honneur que ça peut être…

An-Guë la couva du regard en examinant ses forces. La privation de nourriture commençait à se faire sentir. Il déverrouilla le cadenas qui maintenait la chaîne au mur, ne lui laissant que de lourds fers aux poignets. D’un geste empreint de tendresse, il l’aida à se mettre debout, puis passa son bras autour de la taille de sa prisonnière pour assister leur ascension vers la grande salle. La proximité avec le corps de la femme le troublait. Il n’en était pas moins émerveillé de sentir à quel point il était devenu puissant face à cette toute petite brindille qu’il avait toujours redouté. Il resserra son étreinte, laissant ses doigts jouer avec le tissu du corsage de la prophétesse, trop faible pour montrer son désaccord.

Tout le monde s’écarta à leur arrivée. Quand ils furent devant le trône du Berger, le garçon la laissa choir à ses côtés.

– Votre Grâce, fit-il en baissant la tête, ma dame.

Le Berger inclina la sienne en retour, puis dirigea son regard vers la femme.

– Pardonnez cet état indigne dans lequel on a été obligé de vous mettre, madame, et sachez qu’une collaboration de votre part ne pourra qu’améliorer votre situation.

En l’absence d’une réponse de la part Oztas, il continua.

– Je ne pense pas que l’on vous ait réellement dit pourquoi vous étiez ici. Vous êtes sans nul doute la plus puissante des trois devins que possède Edengardh. Malgré notre manque de magie, il est des choses qui peuvent ce savoir grâce à l’argent, et c’est précisément une chose dont nous ne manquons pas. Votre qualité de voyante, ainsi que la validité des visions que vous avez, nous a été rapportés.
J’aimerais vous proposer de travailler pour moi, néanmoins je sais que vous refuserez alors je vais nous épargner cette comédie et annoncer franchement que je vais devoir me montrer un peu plus… persuasif. Je m’explique : j’étudie depuis de nombreuses années ce charme dont nous bénéficions et qui nous protège de vos semblables et j’en suis venu à la conclusion qu’il s’agit d’une sorte de bouclier. C’est ce charme qui transforme la vision que vous, les devins, pouvez avoir de notre territoire pour en faire quelque chose d’inoffensif. Vous comprenez, si vous étiez complètement bloqués, vous vous poseriez des questions. Cependant, en vous montrant que des images qui ne sauraient vous alerter, il vous empêche également d’orienter vos soupçons vers nous.
Je pense que cette protection arrive à sa limite, et que les vôtres se doutent de quelque chose – ce qui ne saurait être une erreur, je l’avoue, mais je vais préciser cela tout à l’heure. Pour le moment, je vais vous dire clairement ce que je pense. Je crois que ce bouclier fonctionne comme une délimitation physique, et que maintenant que vous êtes à l’intérieur, vous allez pouvoir recevoir les visions manquantes pour compléter la prophétie. Voilà pourquoi nous allons vous garder parmi nous, madame. Je me doute qu’il ne sera pas facile de vous arracher la moindre confession, mais soyez assurée que je n’hésiterai pas à utiliser toutes les méthodes en mon pouvoir pour récupérer les informations qu’il me manque. Il y a trop longtemps que je protège les hommes pour les abandonner au sort que décrit la prophétie. Je suis prêt à tout pour éviter cela.
En l’occurrence, pour le moment nous recherchons l’élément de terre. Il semblerait logique que le quatuor traditionnel soit respecté et que ce soit un Humain, puisque celui d’eau est une Elfe, celui d’air un magicien, et celui de feu une Olm. Oui, très chère, sourit-il à la jeune femme qui avait levé la tête qu’elle maintenait obstinément baissée depuis le début de la tirade, une Olm. Un peuple étrange qui possède ses propres pouvoirs même s’il s’en sert tellement peu que l’on pourrait se demander s’il en possède réellement.

– Qui est-elle ? prononça Otzas d’une voix rauque.

– Oh, je ne doute pas que vous la rencontrerez bientôt dans vos visions ! Sachez seulement qu’elle était dans le Dôme quand celui-ci a explosé. Nous avions eu vent d’un possible attentat, donc nous l’avions placée en sécurité avec un des gardiens de la citadelle présent depuis longtemps là-bas. Il est heureux que nous l’ayons identifiée à temps sans quoi les espoirs pour la sauvegarde d’Edengardh auraient été réduits à néant. Réjouissez-vous, elle est en sécurité auprès de Garaath.

– Si vous saviez, pourquoi n’avez-vous pas fait évacuer le Dôme ?

– Précisément parce que nous ne voulions pas que nos ennemis sachent que nous savions. Ça peut vous sembler cruel mais il faut parfois faire des choix douloureux pour un dessein plus grand.

– De quel dessein parlez-vous ?

– Ah, ça… Ce n’est pas la question. Vous avez compris ce que j’attends de vous, je suppose. Il reste un être de la race des hommes à identifier. Trouvez-le.

– Trouvez-le vous même.

– Vous ne comprenez pas, je crois. Ceci n’est pas une requête, c’est un ordre.

Cette dernière phrase, qui avait été rugie par le Berger, resta suspendue dans l’air avant d’être renvoyée en écho par les voûtes de la grande salle. Pour autant, elle ne fit pas réagir la prisonnière.

Toujours à terre, Oztas traçait des signes vagues dans la poussière en évitant de regarder ses geôliers. L’ordre ignoré marquait un fossé infranchissable entre les deux parties, comme s’ils ne comprenaient pas le langage de l’autre. Son attitude laissait à penser que la jeune femme était complètement éteinte, repliée au plus profond de son esprit sans pouvoir être atteinte par les mots ou par la brutalité du souverain des hommes.

– Je crois qu’elle dessine quelque chose, examina un gardien tout proche en repoussant du pied la main de la prisonnière. Ça m’a tout l’air magique.

An-Guë jeta à son tour un coup d’œil aux runes. Il fronça les sourcils en essayant de les comprendre.

– Un appel à l’aide du langage des mages, on dirait, décrypta un second garde de la citadelle qui s’était approché. Elle va…

– Mais taisez-vous donc, coupa le jeune garçon d’un ton impérieux. Que voulez-vous qu’elle fasse, ici, seule et les mains liées ?

Un bruit strident retentit à cet instant, semblant provenir du sol au pied de la prophétesse. Elle avait posé les mains sur les écritures qui brillaient maintenant comme des lettres de feu. Il obligea tous les gens présents à plaquer les mains sur leurs oreilles avant de cesser aussi subitement qu’il était apparu. Oztas se désarticula comme un pantin, les yeux plantés vers le ciel. Un instant elle parut scintiller, avant de laisser une vive lumière verte s’échapper de sa bouche ouverte et de ses yeux, formant un faisceau qui traversait le plafond et la montagne pour briller jusqu’à la voûte céleste.

– Elle envoie le signal de sa position, s’affola le premier gardien. Elle appelle à l’aide.

– Mais si on la touche, elle risque de nous blesser par son pouvoir.

Ils paraissaient indécis quant à la manière de réagir, fixant la prisonnière avec des yeux écarquillés. An-Guë profita de ce court moment pour les bousculer. Il attrapa la fille par les cheveux et la gifla. Elle retomba mollement sur le sol. La lumière vacilla puis s’éteignit.

– Saloperie de technique runique, grommela-t-il.

– Elle n’est pas vraiment magicienne, contredit le gardien, elle n’est qu’une Humaine douée du don de vision.

– Oui, mais ces runes s’activent par le sang, pas besoin d’avoir développé de pouvoirs, constata son acolyte. La boucle inversée est typique des clans du sud.

– Non, je dirais plutôt la région désertique un peu plus à l’ouest. Il me semble avoir vu ce genre de spécificité quand…

– Vos gueules ! cracha le garçon, vexé de ne pas comprendre le langage. On s’en fout, c’est magique.

Otzas se releva en s’appuyant sur difficilement sur ses mains liées. La femme avait la lèvre fendue. Son regard brûlait de colère alors qu’elle fixait le Berger qui semblait ailleurs, comme si un problème supérieur occupait son esprit.

– Vous êtes des brutes, tous autant que vous êtes. Vous croyez que la prophétie se résume à réunir les quatre éléments de cette terre pour avoir un quelconque pouvoir ? Ça va beaucoup plus loin que ça ! Ce n’est pas en vous battant, ou en battant la première personne qui tombe sous vos doigts que vous éviterez la destruction d’Edengardh. Vous ne comprenez pas que vous risquez au contraire de la précipiter ? Les quatre éléments ont été choisis pour leur innocence, parce qu’ils sont capables de voir au-delà de ce que vous voyez ! Et vous voulez les entraver, vous les approprier en pensant que cela vous apportera quelque chose en plus ?

– C’est bien là où vous vous trompez, madame, répliqua froidement le Berger. Vous n’êtes pas très réceptive à ce qui se passe autour de vous, pour une voyante. Je ne veux pas ces jeunes gens pour le pouvoir : j’ai déjà le pouvoir. Et j’entends bien le conserver. Regardez mieux… écoutez le murmure des forges, le bruit du métal que l’on travaille. Déjà notre technologie de guerre commence à se répandre dans Edengardh, sous la forme de petites armes à feu grandes comme deux mains. Elles se monnayent cher sur le marché noir. Vos semblables se les arrachent secrètement. Plus encore, des alliages sont trouvés pour confectionner des armures capables de résister à toute forme de magie. Ce n’est plus l’or qui va nous rendre puissants, et les pierres précieuses ne seront plus les joyaux qui orneront la couronne de notre puissance.
Vous voyez maintenant ? Vous les voyez, ces grands gardiens de la citadelle au format uniforme qui sont envoyés partout, représentant l’élite de Paar ? Ils sont le fruit d’un contrôle strict de la race, issu de croisements finement pensés. Vous tournez la tête, madame ? Je vous dégoûte, peut-être ? C’est pourtant là la magie qui sort de nos esprits. Dans les sous-sols, près de votre cellule se trouve une cave très spéciale, un laboratoire qui fait des expériences. Avez-vous déjà entendu parler de la génétique ? Non ? Mais en même temps, qu’est-ce que les êtres magiques pourraient bien en avoir à faire ? Pourtant, ils comprendront qu’ils auraient peut-être dû s’y intéresser de plus près quand ils croiseront la route de nos créatures. Certains loups géants sont déjà déployés dans la forêt rouge, à défendre notre territoire contre les intrus. Ces animaux vous sembleront doués d’une intelligence redoutable, et d’une endurance physique hors du commun.
Votre voisin, dans les sous-sols, est absolument surprenant. Prenez votre ami, par exemple.

Le Berger fit un bref moulinet de poignet vers An-Guë, qui souriait tranquillement. Oztas leva les yeux vers lui, et son regard s’accrocha une nouvelle fois sur les dents reptiliennes qui pointaient discrètement en dehors de sa bouche.

– Oui, oui, c’est ça, la manipulation des êtres humains. Vous comprenez maintenant. Notre puissance n’a pas de limites. Nous sommes prêts aujourd’hui.
Nous allons changer le rapport de force qui anime Edengardh.

– Vous n’allez engendrer que plus de haine !

– Je n’ai pas choisi cette voie ! C’est vous et votre peuple qui nous ont forcés à nous replier sur ce genre de moyens. Vous avez voulu nous exterminer, et, malgré vous, vous avez modelé des êtres qui échappent à votre contrôle. Avez-vous peur ? Nous, nous avons eu peur pendant bien trop longtemps.

Les sons métalliques qui rythmaient la vie de la citadelle, les odeurs chaudes, voire brûlées, qui agressaient les narines à toute heure du jour et de la nuit. Ces cris d’hommes, ces bruits d’armes qui s’entrechoquaient. Tout devenait plus clair aux yeux de la prophétesse. Une bile acide lui remontait dans la gorge à mesure qu’elle saisissait les enjeux d’une prochaine guerre.

– Vous vous trompez de cible, murmura-t-elle, comme pour elle même, j’espère que vous vous en souviendrez avant que nous retournions dans les ombres d’où nous venons. Je ne peux pas vous raisonner. J’espère que les éléments sauront vous éclairer.

– Je n’ai pas d’inquiétude là-dessus, puisque vous allez les trouver pour moi.

– Ne comptez pas là-dessus.

– Nous verrons cela. Voulez-vous contempler le joyau de notre couronne ? Ils sont dans l’ombre des piliers de la citadelle, ils attendent mon signal.

La femme plissa des yeux pour scruter les ombres. Le Berger leva un doigt osseux. Un grincement métallique se fit entendre, provenant de ce qu’elle avait pris tout d’abord pour une statue de fer immense. Les yeux vides du golem de fer étaient ouverts sur le monde.

– An-Guë ? Tu peux la raccompagner à sa cellule. Elle est à toi.


 


12 réactions pour Chapitre 10 : Les forges de la Citadelle

  • Emmanuel Del Canto  dit:

    Shame on me : le chapitre ne sera pas publié avant demain.

    Le contrecoup de la semaine passée a été plus rude que je ne l’imaginais, et je ne suis pas en état de terminer le chapitre dans de bonnes conditions ce soir (ni de composer des alexandrins pour le défi, merci encore Caro pour cette idée fooooooor-mi-da-bleuh :p).

    Ce sera donc pour demain, promis, avec mes plus plates excuses (et les plus rebondies aussi, si vous y tenez).

    • L. W.  dit:

      J’accepte les plus rebondies ! 😛
      On peut bien attendre un jour de plus si le chapitre est à la hauteur, sans vouloir te mettre la pression. ^-^

    • Caroline  dit:

      J’ai toujours de bonnes idées 😀
      Pendant que tu galères avec tes alexandrins, moi je gribouille un logo pour le site. Chacun son problème 😉 on parie sur celui qui finit en premier ?

      • Raphaëlle  dit:

        Haha moi je veux bien que vous fassiez la course ^^. Plus ça arrive vite et plus je suis contente ! Bon courage les zamis, j’ai hâte de pouvoir retravailler sur l’histoire (en manque d’écriture :p )

  • Raphaëlle  dit:

    Encore plein de défis sympas, c’est difficile de choisir. Compte tenu du fait qu’on développe un nouveau cycle, j’ai décidé de valider le défi de Caroline, qui peut être amusant sans pour autant contraindre trop Emmanuel. Cependant on réfléchit aux autres défis, notamment celui autour de la GAM qui est intéressant mais qui demande un chapitre entier.

    Je vais également profiter de ce commentaire pour présenter le concours de Noël : il s’agit d’inventer un personnage que nous ferons apparaître de manière active dans la fiction, au minimum sur le cycle 2 qu’Emmanuel va inaugurer dimanche. Concrètement nous aimerions que vous nous envoyiez une fiche sur le personnage que vous aimeriez faire intervenir. Cette fiche renseignerait le nom du personnage, son âge, sa race, sa description physique, son caractère, ses capacités magiques ou physiques, son équipement, … Bien sur ils ne sont pas obligatoirement « humanoïdes ». Vous pouvez ajouter tout ce qui vous semble utile d’ajouter pour u’on puisse mieux cerner ce nouvel intervenant. Nous choisirons deux personnages, un chacun, que nous intégrerons aussi rapidement que possible.

    Envoyez-nous vos propositions sur nos adresses mails : arkephyr@gmail.com et tamea@hotmail.fr (l’un ou l’autre, voir les deux, comme vous voulez). Vous avez jusqu’au 25 décembre. Nous choisirons les deux personnages qui seront repris la semaine suivante.

    J’ai hâte de lire vos fiches, quand on voit les défis proposés on se dit qu’il y a moyen d’avoir de nouveaux personnages très charismatiques. C’est vraiment intéressant de voir vos imaginaires réalisés dans notre fiction 😀

  • Léna  dit:

    Toujours en admiration! n_n
    Défi du jour, je propose de faire communiquer deux personnages à distance!
    (attention j’ai dit « à distance »,donc géographique, temporelle… y’a pas que la télépathie dans la vie, originalité voyons :p )

  • Karine S.  dit:

    Super chapitre même si j’ai du m’accrocher au début pour comprendre où nous étions ^^
    Pour le défi, faire en sorte que Danà soit folle furieuse, que ça soit en se libérant ou dans n’importe quelle autre situation!
    Désolée pour le manque d’originalité mais je n’ai pas d’autres idées :/

  • Caroline  dit:

    Enfin nous en savons un peu plus sur le monde d’Edengardh ! Excellent chapitre 😀
    L’introduction de nouveaux personnages est bienvenue et bien amenée.
    Pour le defi je propose de faire parler un des personnages en alexandrins.

  • L. W.  dit:

    Voilà donc ce qui se tramait depuis un moment ! Une guerre qui opposerait la magie à la « technologie », sur un fond de prophétie qui laisse présager quelque chose de plus grand encore, si l’on en croit Oztas. De nouveaux personnages avec une identité qui leur est déjà propre.
    En somme, que du bon ! C’est un plaisir de vous lire tous les deux.

    Pour ton défi, Emmanuel, je serais bien curieuse de voir l’un des professeurs de la GAM faire cours (si possible Lynrel ou Kalek, s’ils enseignent en plus de leur position au conseil).

    Je n’ai plus qu’à prendre mon mal en patience et attendre le prochain chapitre, ainsi que toutes les améliorations du site suggérées. 😛

  • Raphaëlle  dit:

    Ooooh non!!! Je voulais faire un « First » 😀

    • Emmanuel Del Canto  dit:

      On peut changer l’heure des commentaires, ils n’y verront que du feu ! :p

  • Emmanuel Del Canto  dit:

    C’est sur ce chapitre plein de promesses que s’achève le premier cycle d’Edengardh.
    La suite est prévue pour le Dimanche 22 Décembre !

    Au programme dans les semaines à venir :
    – Évolution du site internet avec de nouvelles rubriques,
    – Page Facebook à venir,
    – Concours de Noël…
    Et bien d’autres choses encore !

    (Si ça c’est pas du marketing… :p)

    Bref, à vos commentaires pour le défi du chapitre 11 !

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