Chapitre 12 : La nuit la plus longue


– Je te déconseille fortement d’aller dans la cité ce soir, avait maugréé Alrick en enfouissant une montagne de nourriture dans le sac en jute de Joshua. Crois-moi, la fête ne vaut pas le coup. Il va y avoir trop de monde. Il vaut mieux que tu restes dans la maison.

– Je voudrais venir avec vous, avait soupiré Eli-Ann. Je trouve parfaitement injustifié d’être laissée à l’écart. Je promets de ne pas m’approcher de l’élément d’eau.

– Je n’ai pas besoin de tes promesses, le simple fait que tu ne viennes pas garantit votre sécurité à toutes les deux.

L’humain avait soupiré en regardant la jeune Olm. Il ne doutait pas une seconde qu’elle eût pu être utile dans cette nuit qui se préparait, néanmoins il préférait ne pas prendre le moindre risque.

– Je ne doute pas de ta bonne foi, seulement je ne sais pas ce qu’il peut arriver si vous vous retrouvez en contact avant l’heure impartie. Les prophéties sont formelles, les Émissaires ne doivent pas se rencontrer. C’est d’autant plus vrai pour deux éléments contraires et complémentaires comme les vôtres. Je suis joueur, mais pas à ce point là. Surtout que nous ne sommes même pas certains qu’il arrive réellement quelque chose à l’Académie ce soir. Pas besoin de prendre des risques inutiles.

– Élément d’eau… Tu ne pourrais pas arrêter de l’appeler comme ça, s’il te plaît ? Ça te plairait à toi d’être réduite à un élément ? ajouta Joshua, visiblement excédé.

– Je le suis, riposta Eli-Ann, c’est bien pour cela que je ne peux pas venir avec vous.

– Taisez-vous un peu ! grogna Alrick. On s’en fiche de vos états d’âme, c’est pas ça qui compte pour le moment. On a pas le temps pour ce genre de gamineries, vous ne croyez pas ?
Bien, tu as compris, je suppose. Tu restes ici et tu ne bouges pas. Je n’ai pas le temps de prévenir Aïdelyn de notre plan, sinon elle aurait pu garder un œil sur toi. Si tu vois quoi que ce soit qui te semble suspect, tu fonces à la cité. Rien ne peut arriver tant que la directrice de l’Académie y est. Compris ?

– C’est noté. Une petite soirée au coin du feu à faire des broderies et de la soupe pendant que tout le monde est à la fête. Rien ne saurait me faire plus plaisir…

– C’est bon avec le sarcasme. Tu vas me faire regretter de faire ton instruction s’il n’y a que ça que tu es capable de retenir.

Alrick esquissa alors un sourire furtif.

– Tu n’as qu’à travailler ton étincelle. N’importe quel mage de feu peut contrôler un élément, mais aucun ne peut le créer ou l’invoquer. La ridicule flammèche que tu parviens à invoquer est bien jolie mais le contrôle que tu as dessus est encore insuffisant. Tu n’es de taille contre aucun des plus jeunes disciples de l’école de magie, il va falloir progresser un peu.

Il resserra les cordons de son bagage.

– On y va Joshua. Mais que les choses soient bien claires : tu n’es pas destiné à entrer dans cette école. Alors d’une part, tu restes à mes côtés, sans quoi il est possible que la bâtisse elle-même se retourne contre toi. Et tu m’obéis, d’accord ? D’autre part il n’est pas question, je dis bien Pas Question, de voir ta sœur à moins que ce soit strictement nécessaire. Nous ne sommes pas là pour une visite familiale, nous y allons tous les deux parce que je ne veux pas affoler toute l’école pour une pure spéculation. Ce sera sans doute une nuit aussi calme que les autres, nous y allons seulement pour être certain qu’il n’arrive rien.

– Si l’ennemi veut s’emparer de Chloé, il n’aura pas de meilleure occasion, d’autant qu’il s’est déjà introduit une fois dans votre bâtisse censée se retourner contre ses ennemis…

– Tu peux aussi bien rester ici si tu n’es pas capable de respecter scrupuleusement mes ordres, répliqua durement Alrick. C’est pareil qu’Eli-Ann, j’ai pas mal d’élèves bien meilleurs que toi dans l’Académie, il me suffirait d’un signe pour qu’ils accourent.

– Ça va. Ça va, je te suis et t’obéirai.

Une fois les préparatifs terminés pour passer la nuit dans la Grande Académie des Mages, ils étaient tous sortis à l’air frais. Il était toujours plus simple de transporter un passager en se téléportant à l’extérieur, avait expliqué Alrick. La jeune Olm avait regardé les deux hommes disparaître dans le crépuscule. L’endroit où ils s’étaient trouvés l’instant auparavant, Alrick tenant fermement Joshua par l’épaule, était désormais vide. Le paysage était resté flou moins d’une demi-seconde, comme si les yeux de la fille s’accommodaient difficilement à leur absence, avant de reprendre une consistance plus réelle. Elle s’était retournée vers la maison vide et avait senti la solitude l’envelopper de ses bras glacials et plonger ses ongles acérés au plus profond de son âme. Elle n’avait pas l’habitude de rester loin d’autres êtres vivants, et se méfiait du fonctionnement de son esprit, plus particulièrement de la faculté de remémoration qui différait quelque peu de celui des êtres humains. Les Olms n’étaient pas un peuple à désirer être loin des autres, ils vivaient en collectivité, allant jusqu’à ignorer les fondements de l’intimité tel que les concevaient les autres races. Eli-Ann les découvrait progressivement au contact des deux hommes dont elle partageait la vie. Elle avait frissonné avant de prendre mécaniquement la direction de la cité. Elle n’avait jamais compté réellement passer la soirée seule, et Alrick ne lui avait pas interdit de se rendre à la fête, simplement déconseillé, si tout allait bien. Son instinct l’avait conduite vers les remparts d’Altar qui contenaient très difficilement le flot de voyageurs et de pèlerins venus célébrer la nuit la plus longue.

Depuis, elle errait dans les ruelles bondées et animées.
Des artistes et artisans de passages avaient envahi la place du marché où elle avait l’habitude de vendre ses légumes. Les emplacements rivalisaient de beauté pour attirer le regard des passants. Ça et là, on trouvait des reliques dédiées au dieux disparus, des objets de la vie courante réarrangés aux couleurs de la ville, et des couleurs chatoyantes, des couleurs lumineuses qui ravivaient le sourire sur les lèvres de la toute jeune fille.

Elle se glissa à travers une foule compacte qui entourait un groupe de jongleurs de feu. Leur visages lutins passaient de l’ombre à la lumière au gré des torches enflammées qu’ils se renvoyaient joyeusement, au rythme endiablé imposé par une joueuse de violine. Cet instrument traditionnel, qui avait été assez répandu dans les fêtes populaires du Dôme, faisait la curiosité des habitants magiques. Son aspect pittoresque en bois brut ainsi que la superposition de sons qu’il produisait semblait fasciner les visiteurs, qui regardaient d’un œil interrogateur le harnachement complexe reliant la musicienne à son instrument, l’obligeant à effectuer une danse endiablée pour tirer la multitude de sons qui le caractérisait. Eli-Ann appréciait particulièrement le spectacle rendu possible par la complicité visible entre l’archère et le trio de jeunes jongleurs. Elle s’assit devant le groupe, les doigts croisés sur le menton, pour contempler la voltige des flammes dans le noir.
Au bout d’une dizaine de minutes, l’archère interrompit son jeu pour s’octroyer une petite pause. La jeune Olm se joignit aux multiples applaudissements. Elle se remit sur ses jambes et allait passer au stand suivant quand elle fut arrêtée par l’un des jongleurs, un garçon qui semblait avoir été marqué par l’élément qu’il manipulait tant ses cheveux affichaient une couleur flamboyante. Il portait à son épaule l’écureuil de feu qui avait été le fil rouge de toute sa partie du spectacle et avec qui il avait joué avec la même complicité que la jeune fille les rares moments où elle parvenait à communiquer avec son familier.

– Je vois le chat en toi, lui sourit-il tout en jouant à lancer des glands enflammés à son animal.

Eli-Ann répondit par un sourire embarrassé, prête à reprendre sa route. La garçon abandonna son groupe pour marcher à sa hauteur et discuter, à l’aise comme si elle était une vielle amie.

– Tu n’es pas d’ici, je me trompe ? Enfin je dis ça par rapport à tes cheveux et à ta peau. On voit des choses curieuses dans cette cité, mais rarement des gens comme toi. Je veux dire, tu ne ressembles pas aux personnes d’ici, tu es très singulière, si tu vois ce que je veux dire.
Beaucoup de gens sont en transit, voilà pourquoi il est intéressant de faire des spectacles ici, c’est une bonne place. Tu fais partie de l’école de magie ? Non ? Moi non plus. C’est pas facile d’y entrer, de tirer son épingle du jeu. Mais la directrice vient ici faire un discours. J’avoue que j’espère beaucoup qu’elle nous aperçoive… Elle n’est pas avare de talents, dit-on. Dis, tu ne veux pas me montrer le tien ? Tu pourrais peut-être faire partie de la bande, si ça t’intéresse. Hum … Pas trop, n’est-ce pas ? C’est curieux ces marques rouges que tu as sous les yeux, comme des cernes. Tu ne veux pas me parler ? C’est pas grave tu sais, j’ai assez de conversation pour nous deux.

La jeune fille lui jeta un regard rieur, amusée par tout ce babillage.

– Tu es toute seule ? Enfin, tu me diras, il est si facile de perdre les gens avec qui on se promène. Il y a beaucoup de monde, c’est dingue !
J’aimerai beaucoup le voir, tu sais. Le compagnon qui t’a marqué… enchaîna le garçon sans transition.

– Je ne vois pas de quoi tu veux parler, répondit Eli-Ann sans se formaliser de son ton familier.

– Je suis sur que si ! Non ? Enfin, la créature féline, voyons ! Ça semble évident quand on est comme nous des mages de feu.
Oh, regarde ! Tu veux goûter ? C’est juste du sucre, prends-en ! Ne t’en fais pas, je ne vais pas t’empoisonner ! C’est bon, n’est-ce pas ?
Alors, tu n’arrives pas à le voir quand tu veux, le chat ? J’ai pourtant l’impression qu’il ne demande qu’à sortir de sa prison de chair. Quand je regarde ta peau, j’ai l’impression de voir des reflets orangés de feu par transparence. Comme si la bête courait dans tes veines. ‘Fin, c’est idiot comme façon de dire, mais tu vois ce que je veux dire. C’est comme pour moi, j’ai l’impression que Rat – oui, c’est comme ça que j’appelle mon écureuil, j’aime bien les contradictions – est une entité à part entière parfois. Nola, le maître qui m’a formé, disait qu’il s’agit simplement d’une part de nous que l’on ne parvient pas à refouler. J’y crois pas trop, mais, à vrai dire, ça n’a pas beaucoup d’importance pour moi. Je lui parle, il me donne l’impression de me répondre, ça me suffit.
Enfin, on peut essayer si tu veux, pour toi je veux dire. Tu as un allumoir ? Non ? Mais comment veux-tu faire sortir du feu si tu l’appâtes pas avec de la nourriture ? Je peux te prêter le mien si tu veux.

– Je peux voir le chat, mais pas de façon permanente comme toi. Ça me demande un effort assez considérable. Pourtant mon Maître est… Il est à la hauteur des plus grands professeurs de l’Académie de Magie.

– Moui, au moins tout ça. Le mien n’avait pas cette prétention et pourtant il m’a appris tout ce que je sais. Ceci dit, pour le chat, c’possible, je pense. Normalement ce n’est pas un pouvoir qui épuise à ce point l’énergie magique.

Le garçon roux prit un temps pour réfléchir.

– Je reste ici pendant plusieurs jours encore, on pourra peut-être se voir pour essayer de régler ce problème. Enfin, ça me plairait à moi. T’as pas l’air très convaincue mais c’est pas grave, j’aurai tout le temps de te convaincre. Il fait ronronner le sang dans tes veines, je peux l’entendre d’ici. Il se love dans ta gorge quand tu parles. Il ne demande qu’à sortir. En fait, je suis convaincu que tu n’as même pas besoin de moi pour le garder près de toi, il suffirait que tu parviennes à communiquer avec lui, mais je pourrai tout de même te donner quelques petites méthodes que ton maître-trop-génial ne connaît pas. Là je dois y aller, la cérémonie va commencer, je vais devoir entrer en scène, mais si on se retrouve ici demain je verrai ce que je peux faire. Il va y avoir la directrice. Je dois te laisser. Ici, en fin de matinée, on est d’accord ? Demain ?

– Demain, confirma Eli-Ann en rougissant légèrement.

– Mais tu n’as pas besoin de moi. Il ne demande qu’à sortir si tu l’écoutes bien. Allez…

Telle une tempête de feu dans une nuit noire et calme, Eli-Ann regarda le garçon se fondre dans la foule tout en agitant une main dans sa direction. Elle s’aperçut à ce moment qu’il n’avait pas plus pris le temps de se présenter que de finir sa phrase avant de partir. Elle avait les mains pleines des friandises caramélisées qu’il lui avait tendues, les faisant apparaître d’elle ne savait où. Elle était à nouveau seule, peut-être plus encore qu’elle ne l’avait été en arrivant, néanmoins, elle ne pouvait se départir du sourire qui s’épanouissait sur ses lèvres. S’arrêtant en plein milieu du passage, elle leva la tête pour contempler le ciel désespérément chargé. Les lumières des réverbères, teintées de bleu pour l’événement, l’empêchaient de contempler réellement les nuages. Pourtant, elle sentait quelque chose. Elle ignorait si c’était ce qu’il voulait dire par un ronronnement dans le sang. Sans doute pas, peut-être n’était-ce pas l’animal recherché qui répandait cette douce chaleur dans son ventre. Elle choisit néanmoins de concentrer son esprit vers cette sensation.

– Hey, faites attention, fit une voix grave la tirant de sa méditation.

– Ne reste pas au milieu petite, dit une autre en la bousculant.

Eli-Ann reprit le cours de sa marche, dans le même sens que la foule, vers le grand bâtiment qui était l’attraction de la ville, le temple des Dieux disparus. C’est sur son parvis que la directrice de la Grande Académie de Magie faisait son traditionnel discours, marquant le passage entre l’ère décroissante et l’ère croissante à travers une fête grandiose et très populaire. Les tableaux se succédaient depuis l’après-midi, petites représentations théâtrales et autres spectacles officiels permettaient de faire patienter les pèlerins jusqu’à l’heure fatidique qui marquait le milieu de cette interminable nuit. Le point de basculement du monde.
Plus elle tentait de se faire une place à travers la foule de plus en plus dense, plus elle se rendait compte qu’Alrick avait sans doute raison lorsqu’il disait qu’elle ne pourrait rien voir du spectacle. Les autres spectateurs la dépassaient de plusieurs têtes et ne semblaient pas enclins à laisser la place à plus petit qu’eux. Elle allait faire demi-tour pour longer les limites extérieures de la place afin d’essayer de se faufiler sur le côté, quand elle sentit qu’on lui agrippait l’épaule. Elle reconnut immédiatement les cheveux flamboyants du garçon de tout à l’heure et se rendit compte qu’il dépassait d’une bonne tête la plupart des gens.

– Moooon p’tiiiit chaaat ! l’appela-t-il en affichant un sourire radieux. Je te vois te noyer dans la foule, ce qui est une véritable torture pour un animal comme toi. On est là-haut, continua-t-il en montrant du doigt une terrasse sur laquelle s’affairait la musicienne, on voit tout et on peut éventuellement être vu. Je t’aide à monter ?

– Oh, vous avez le droit ?

– Le… Oh ! Bien sûûûr ! Allez, viens, c’est la fête du solstice.

La jeune Olm ne fut pas très longue à convaincre. La perspective de passer la soirée entourée par une joyeuse troupe de mages expérimentés en magie de feu, et qui plus est en musique, prit le pas sur la méfiance que ses deux compagnons tentaient de lui inculquer. Les petits familiers enflammés des mages lui reniflaient les souliers. Il y avait des avatars d’animaux, comme l’écureuil du garçon, mais également de curieuses marionnettes ressemblant à des poupées de chiffon qui semblaient toujours être reliées à leur propriétaire. Le comportement des familiers était comparable à celui des autres garçons et de la musicienne qui la dévisageaient sans pour autant poser de questions. Ne sentant aucune animosité de leur part, Eli-Ann ne mit pas longtemps à  être à l’aise parmi eux. Elle avait une vue imprenable sur le parvis du temple, pour le moment vide. Quelques mages apportaient le décor qui allait servir au discours de la directrice. Elle assistait également aux préparatifs des jongleurs, qui plongeaient leurs agrès dans un comburant pour les imbiber tout en plaisantant sur leurs futurs exploits. L’ambiance était à la camaraderie, si bien qu’elle en oubliait complètement son déplaisir de ne pas être allée à l’académie avec Alrick et Joshua.
La musicienne donnait à manger à un rapace perché sur son épaule. C’était un aigle au pelage bleu nuit qui le rendait presque invisible par une nuit noire comme celle-ci. Il fixait la jeune Olm de ses curieux yeux d’émeraudes.

– Nouveau compagnon ? lui lança le jongleur.

– Oui, j’en avais marre de vous voir traîner avec vos insectes enflammés. Lui, au moins, il a la classe. Non, sans rire, il est venu de lui même. Il repartira quand ça lui plaira.

L’animal acquiesça en poussant un râle. Il préféra s’installer sur l’épaule du jeune homme qui s’affairait à préparer son matériel plutôt que de passer sur l’épaule d’Eli-Ann lorsque la fille tenta de le faire s’envoler pour se préparer à son tour. La violine lançait des sons éparses et disharmoniques, tandis qu’elle se harnachait en tirant sur les liens de cuir.
Puis le silence se fit sur la place. La luminosité des torches avait était réduite au maximum, laissant de simples flammèches. La façade du temple se mit à étinceler, se découpant dans la nuit, et, sur la scène improvisée, la délégation officielle apparut. Il y avait un ballet de prêtresses drapées d’un voile vert d’eau. Les cicatrices qui ourlaient leurs lèvres marquaient le sortilège qui les muselait. Elles se penchèrent sur le puits ornant le parvis, gracieuses comme des sylphides, et firent voler une myriade de gouttelettes dans les airs, formant une entité géante, sans visage, représentant une des déesses disparues. La créature d’eau sembla danser un instant au rythme de l’orchestre officiel, avant de s’incliner devant les prêtresses, en signe de reconnaissance pour la fête qui leur était dédiée. Elle tendit sa main immense au dessus de la foule pour la bénir avant de se décomposer dans une légère bruine purificatrice. Certains pèlerins tendaient les mains, d’autres portaient leurs enfants pour espérer qu’ils soient atteints par la grâce légendaire.
A cet instant apparut le Haut Prêtre, précédant la directrice à qui il tendit la main pour l’aider à descendre les dernières marches allant du temple vers le parvis. Contrairement aux religieux, elle était vêtue d’un lourd manteau bleu, ourlé d’une fourrure blanche. Son apparition provoqua un murmure émerveillé de la part du rassemblement. Eli-Ann suivit des yeux cette femme dont on lui avait tant parlé. Elle l’avait imaginée un peu plus vieille, au vu de son cursus. Elle avait du mal à entrevoir la redoutable magicienne dans cette créature d’apparence bienveillante.
Aïdelyn s’avança et écarta les bras pour capter l’attention de la population, qu’elle embrassait du regard.

– Merci pour votre accueil si chaleureux, dit-elle en souriant.

Sa voix n’était pas plus forte que lors d’une conversation, mais l’amplification magique donnait à chacun l’impression que la directrice était en face de lui.
Le garçon roux s’était assis auprès d’Eli-Ann. Leur représentation allait commencer à la fin du discours. Entre eux brûlait l’écureuil de feu. La jeune Olm porta son regard au dessus d’elle. À la lumière des torches des jongleurs, elle pouvait voir que le ciel était très chargé, mais elle doutait que les mages chargés de l’organisation permissent qu’il pleuve le jour de la fête du solstice. Une unique étoile blanche brillait au loin.

– Une fois encore on m’a proposé de prononcer le discours d’ouverture. Il semblerait que ça n’ait pas été si catastrophique que cela les dernières fois.

Elle fit une pause pour observer les visages rieurs tendus vers elle.
Eli-Ann en profita pour lever les yeux, regardant au delà du temple. Par le contraste entre les couleurs éblouissantes de la façade du monument et l’unique lueur dans le noir profond de la nuit, il lui semblait que l’étoile gagnait en luminosité.

– Autant dire que cela fait plusieurs semaines que je m’entraîne seule à le prononcer dans mon bureau, continuait la magicienne. L’honneur que l’on me fait s’accompagne toujours d’une pression infinie.
Bien, comme vous le savez, nous sommes ici pour célébrer le centenaire du festival du Solstice d’Hiver. Cette fête est donnée par les peuples de tous les horizons pour honorer nos Dieux perdus. Nous savons qu’ils nous observent dans leur retraite divine, et qu’ils apprécient que nous nous remémorions leurs bienfaits.

Aïdelyn continua son discours, profitant du centenaire pour rappeler la genèse de la fête.
L’ami d’Eli-Ann se pencha discrètement vers elle, pointant le doigt vers le point lumineux qui grossissait encore, au loin. Mais qui ne semblait plus si lointain que cela.

– Regarde, on dirait qu’ils ont prévu quelque chose pour la fête ! Je ne sais pas ce que c’est mais ça avance vite.

Le point avait d’ailleurs tellement grandi que la plupart des présents avaient les yeux levés vers lui. La directrice se retourna pour voir ce qui monopolisait l’attention générale. À la vue de la lanterne blanche qui se rapprochait, son visage s’affaissa. L’assistance ne mit pas longtemps à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un divertissement proposé pour la fête.
Le cerveau d’Eli-Ann tournait à toute vitesse. Certes la place était fortifiée, les remparts étaient particulièrement gardés, néanmoins elle ne parvenait pas à se sentir en sécurité. C’était le moment idéal pour attaquer. La populace mettrait trop de temps à se dissiper, les rues seraient vite saturées et les portes de l’édifice religieux resteraient closes pour protéger l’illustre magicienne. La certitude d’une attaque s’accrochait à son estomac comme une larve.

– Finalement je ne suis pas sûr que ce soit au menu des réjouissances. Tout le monde a l’air assez tendu tout à coup, observa le jongleur. Les gardes tiennent ce qui arrive en joue. On ne devrait pas rester ici, je pense. On saute. SAUTE ! hurla-t-il en la poussant sur l’échelle par laquelle ils étaient montés.

Eli-Ann baissa la tête sur le sol avant d’être engloutie par la foule qui se ruait vers les ruelles alentours. Pour la sortir de là, le jongleur la tira vers le parvis qui se vidait peu à peu. Elle ne voyait pas ce qu’il se passait, étourdie par le mouvement général. Les cris étouffés contribuaient à en renforcer son vertige. Cependant, à mesure qu’elle se dégageait de la foule à coups d’ongles, le délire des cris étaient remplacé par le bruit des flèches des archers qui s’écrasaient contre le gros objet dans des cliquetis métalliques avant de retomber au sol, tordues, inutilisables. La surprise et la panique étaient telles que presque personne ne songeait à utiliser la magie collectivement contre le nouvel arrivant. Les quelques tentatives de magie qu’Eli-ann apercevait semblaient inefficaces.
Le garçon la plaqua au sol au moment où un bâtiment proche s’effondra, en proie aux flammes.
« On va être pris au piège », songea l’Olm en se relevant, il faut bouger de la place.
Mais en regardant autour d’elle, elle se rendit compte que c’était déjà le cas. Le parvis était entouré par un décor de bois en train de brûler. La température avait augmenté de plusieurs degrés, les craquements sinistres des constructions se consumant, renforcés par une odeur acre de fumée qui lui donnait les larmes aux yeux. Hormis quelques rares tentatives avortées, nul ne prenait le temps d’essayer de sauver les commerces en flammes.
Ils étaient presque arrivés devant les marches du parvis, cherchant refuge contre les murs de pierre de l’édifice, quand un mouvement de foule les sépara. Eli-Ann se retrouva au bord du cercle qui se formait par le recul des gens, qui s’écartaient pour laisser la place à l’imposante créature de fer et de cuivre de se poser. Le raclement de ses griffes sur les pavés les réduisait en miettes.

Un silence lourd se fit. Les pèlerins contemplaient les reflets des flammes qui rongeaient la ville sur la cuirasse métallique de la bête au regard de saphir vide. Presque au ralenti, ils virent un homme qui leur parut étrange descendre de son dos. Il était torse nu sous une fourrure posée négligemment sur ses épaules, ses avants-bras couverts de protections ferreuses. Le vent vif de l’hiver avait laissé apparaître des rougeurs sur ses joues qui lui donnaient une allure encore plus jeune qu’il ne l’était réellement, malgré son harnachement de guerrier. Il se tourna directement vers Aïdelyn qui, le premier effet de surprise passé, avait d’abord évacué les officiels à sa portée dans le temple avant de réellement chercher à comprendre ce qui se passait.

– Votre Grâce, fit An-Guë d’un ton moqueur en singeant une révérence vers la directrice. Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour ce dérangement. Mon atterrissage a été plus remuant que je le pensais.

– Qui es-tu ? Et que viens-tu faire ici ? gronda la femme, aux aguets.

– N’est-il pas étrange que je sache qui vous êtes, alors que vous ignorez qui je suis ? Pourtant l’attirail de guerre que j’apporte ne passe pas inaperçu, il me semble.
Vous êtes très loin de chez vous, directrice. Ce n’est pas prudent, quand on sait que la GAM a déjà été visitée une fois et que vous avez quelque chose que nous convoitons. Quelque chose que vous nous avez subtilisé.

– C’est pour cela que tu viens mettre la ville à feu et à sang ? Pour récupérer une Émissaire qui ne se trouve même pas ici ?

– Non, non. Nous nous sommes chargés de votre GAM de manière un peu plus subtile. Et, à vrai dire, que vaut l’établissement sans sa directrice ? Nous sommes du genre à nous servir à la source.

Sans prendre le temps de répliquer, la magicienne leva un bras vengeur, et l’eau qu’avait contenu le puits s’éleva une fois encore dans les airs. Elle suivit le mouvement rotatif des bras d’Aïdelyn pour former une cage autour du léviathan de métal, avant de geler immédiatement après s’être posée au sol. La directrice abaissa la main d’un geste sec, hérissant la prison d’aiguilles de glace qui la traversaient de part en part. Malgré l’opacité du bloc, les badauds restant sur la place purent voir quelques gouttes de liquide sombre consteller les parois, au niveau du visage d’An-Guë.
Une minute passa où tout sembla s’être figé dans le froid, puis la voix étouffée du garçon leur parvint distinctement.

– Oh, comme c’est intéressant tout ça !

Une fissure apparut dans bloc qui se brisa subitement en deux, laissant apparaître le jeune homme blond haletant, blessé en dessous de l’œil, sur la pommette, mais affichant une moue narquoise.
Quelques mages firent voler à pleine puissance des morceaux de charpentes à moitié calcinés. Le garçon les détourna par de simples moulinets du poignet. La taille imposante de son épée lui garantissait une défense sur la totalité du corps.

– Voyons, je suis sûr que vous pouvez faire mieux. Si vous ne pouvez pas, c’est que vous vous êtes bien ramollis. Les magiciens, les égaux des Dieux. Que dis-je ? Les remplaçants des Dieux ! Il est facile de tout prendre à un peuple qui n’est pas capable de se défendre. Mais vous avez trop joui de nos richesses. Vous êtes devenus faibles, tous autant que vous êtes. Sans imagination, sans force, vivant sur vos acquis, vous êtes aujourd’hui des cibles faciles.
Je suis le premier, le messager qui annonce une armée. Votre magie ne peut rien contre nous. Vos éléments se heurtent à quelque chose que vous ne parvenez pas à comprendre. Les rouages de nos machines sont d’une complexité difficilement identifiable pour vous.
Vous comptez trop sur d’anciens symboles qui ne veulent plus rien dire. Aujourd’hui je mets à sac les constructions que vous avez dressées lorsque vous vous êtes appropriés ce lieu de culte, demain… Qui sait ? Vous allez être anéantis.

Des roues de feu volaient vers lui avant d’être détournées par la queue massive de la bête à la cuirasse cuivrée. Autour du couple improbable, les spectateurs déclenchaient un déluge de magie pour tenter de les mettre à bas. Cependant leurs tentatives étaient tellement désorganisées qu’elles ne parvenaient pas à toucher leur cible, quand elles ne se gênaient pas entre elles. La symbiose entre l’homme et son appareil était, au contraire, évidente. Leurs mouvements étaient d’une précision extrême, telle une chorégraphie habilement minutée. Pourtant le lézard fait d’alliages ne bougeait presque pas et le garçon économisait ses gestes à l’extrême.

La bête poussa soudain un hurlement grave qui devait s’apparenter à un grognement. Dans un grincement, elle tourna sa tête mécanique vers un côté des marches où elle avait dévié un projectile. Il s’était écrasé sur quelques pèlerins qui n’avait pas réussi à fuir et avait attiré son attention sur autre chose. La créature s’ébroua, se souleva pour se mettre sur ses deux pattes. Elle atteignait presque la moitié du temple, sans compter sa puissance. Elle se planta vers un être minuscule comparé à son gigantisme.
Eli-Ann pouvait voir son reflet terrifié se multiplier dans les saphirs en kaléidoscope qui remplaçaient les yeux de la créature.
An-Guë tourna à son tour la tête vers la fille qui tentait de se dégager du poids de l’objet devenu informe qui écrasait ses jambes. Il s’empourpra.

– Si je pouvais m’attendre à cela, murmura-t-il.

Aïdelyn suivit son regard et comprit un instant trop tard. Si elle avait pu entendre la remarque d’An-Guë, sans doute aurait-elle été d’accord.

Le garçon blond rengaina l’épée dans le grand fourreau qu’il portait dans le dos. Il arrêta encore un ou deux projectiles grâce aux protections de fer qui couvraient ses avants-bras et grimpant l’escalier qui parcourait les écailles de fer sur le ventre du Léviathan, retrouva sa place sur le dos de la bête. Actionnant les leviers, il reprit le contrôle exclusif de la machine et ébranla ses membres forgés, qui émirent un crissement aigu raisonnant dans toute la place. Il sentit soudain des serres se refermer sur la blessure, comme cherchant à l’agrandir, mais il balaya l’aigle de la musicienne d’un revers de main. D’une pression sur une commande, la bouche démesurée de l’automate s’ouvrit alors que les sorts d’Aïdelyn ricochaient sur sa carcasse. La tête s’abattit dans le vide pour se refermer sur la jeune Olm.
Il déploya les ailes de la bête. Et, avant de disparaître, englouti par la nuit la plus longue, il s’adressa une dernière fois à la directrice.

– Je n’ai qu’une place dans cette prison de métal. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de ce choix fort peu galant, mais même vous n’êtes pas aussi importante. Je ne peux refuser le cadeau que vous me faites ce soir.
N’ayez crainte, vous trouverez quelques occupations quand vous rentrerez dans votre précieuse Académie. Nous n’avons pas besoin de sacrifier beaucoup de nos hommes pour être redoutables, comme vous pouvez le voir.

Il essuya nonchalamment le sang qui lui coulait dans la bouche.

– Mais ce qui se passe là-bas… J’aimerais être là quand la grande fleur rouge éclora dans un tourbillon de feu, comme une ouverture béante vers l’enfer, engloutissant votre précieuse Académie dans un néant. Même vous ne parviendrez à faire revivre ses ruines. Le mécanisme est en place, de simples petits détonateurs qui encerclent votre curieuse bâtisse. BOUM !

Le dragon s’évanouit dans une épaisse fumée.

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– Surtout ne crois pas une seule seconde ce que tes yeux te montrent, répéta Alrick en scrutant tout de même le coin de la pièce. L’Académie veut te faire croire en des choses qui n’existent pas.

– Oui, oui, j’ai compris, fit Joshua passablement énervé. Je dis simplement qu’à la lumière de la lune, j’ai cru voir une vielle femme qui nous observait, assise là-bas, à moitié cachée par le rideau. Elle avait tout l’attirail de la mégère folle à lier.

– De toute façon, il est interdit de s’asseoir dans ce trône. Il est là pour représenter l’absence des Dieux et l’attente de leur retour.

– C’est vraiment une idée mer…

– Hey, ça va ! Tu crois que c’est moi qui ai choisi la déco ? Alors on se calme.

Joshua contempla son reflet dans les dalles de marbre qui couvraient le sol. Être assis par terre, dans la salle de bal de la Grande Académie de Magie l’indifférait profondément. D’autant plus que ça faisait des heures qu’ils étaient là sans le moindre signe de mouvement à l’extérieur. Il aurait largement préféré que l’humain choisisse les cuisines plutôt que cette pièce de réception vide, leurs placards étaient réputés jusque dans ses marais.
La salle de bal avait l’avantage de se trouver juste à proximité des dortoirs. Les deux hommes pouvaient donc réagir si jamais quelqu’un tentait de s’y introduire. Mais de toute évidence, le danger tant redouté n’était pas pour ce soir.

– On s’est peut-être affolé trop vite, maugréa Alrick.

– Ouais, sans doute.

– On reste encore une heure ou deux pour la forme et puis on y va. Une fois que les professeurs seront présents, je ne me ferai plus de soucis.

– Chutchutchut, intima Joshua en sautant sur ses pieds, toutes dagues dehors. Quelqu’un vient vers nous.

Alrick se rangea aux côtés de l’elfe. N’ayant pas l’ouïe aussi développée, il lui accordait toute sa confiance pour cet aspect du plan. Au bout de quelques secondes, il se mit à entendre les pas traînants qu’avait identifié son disciple.

– Féminine, assez grande – je dirais un mètre soixante-dix – mais étonnamment légère.

– Dangereuse ? interrogea-t-il.

– Je ne pense pas, je dirais qu’elle est blessée aux deux jambes… Mais c’est… !

Joshua allait se précipiter hors de la salle. Cependant il avait à peine rengainé ses dagues que la jeune Elfe apparut. Elle avait du mal à marcher, comme si quelque chose de lourd lui avait écrasé les jambes.

– Grand frère, fit-elle en tendant les bras vers lui.

Il se précipita vers elle pour la cueillir avant qu’elle ne tombe. Elle poussa un petit cri en s’accrochant désespérément à la chemise de son frère, avant de s’évanouir.

– Chloé ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ?

A cet instant, ils virent tous des marques de griffures s’épanouir le long de ses bras. Alrick, blême, examina les blessures de la jeune fille.

– Ça ne peut pas être ça, grommela-t-il en passant ses doigts sur les entailles. Ça ne doit pas être ça. Quoique ce ne serait pas impossible. Mais alors la réciproque doit être vraie…

– Que se passe-t-il ? Comment savait-elle où me trouver ?

– Lâche-la tout de suite Joshua. Il faut qu’on s’en aille sur-le-champ !

– Quoi ? En la laissant dans cet état ?

– Je t’explique très rapidement si tu t’éloignes d’elle.

L’elfe sombre obtempéra à contre-cœur. Il déposa précautionneusement la tête de sa sœur et fit trois pas en arrière.

– Eh bien ?

– Bon, tu te souviens du discours de tout à l’heure sur le Catalyseur. Puissance, protection de l’Émissaire, tout ça ?

– Oui. J’ai bien compris où tu veux en venir. Je ne peux pas approcher Chloé parce que je suis le Catalyseur d’Eli-Ann, c’est ça ?

– Non, pas tout à fait. Ça marche à double sens, elle aussi a besoin d’un Catalyseur.

– Je suis le Catalyseur de Chloé aussi ! C’est évident, je la protège depuis toujours.

– C’est évident. Pas besoin d’être un génie pour comprendre ça. C’est pour ça qu’elle a pu t’identifier et te retrouver ce soir. Elle savait qu’on était ici.

– Mais pourquoi est-elle dans cet état ?

– Je n’en suis pas sur. Tu es un double Catalyseur, ça veut dire que tu partages leurs deux pouvoirs. Ma théorie, c’est qu’Eli-Ann a dû activer inconsciemment le pouvoir de protection. Tu ne le sens pas mais Chloé, si. Elle sent chacune des blessures de l’autre Émissaire.

– Alors Eli-Ann est blessée ?

– Il y a de fortes chances, mais pas grièvement semblerait-il. Néanmoins s’il lui arrive quelque chose de grave et que tu es auprès de ta sœur à ce moment là…

– Il faut qu’on parte, maintenant !


 


13 réactions pour Chapitre 12 : La nuit la plus longue

  • Votre MJ  dit:

    Ah oui oui oui ! Ah oui oui oui ! C’est très très bon ça ! 😀

  • Raphaëlle  dit:

    Pour ramener un peu de gaieté et de fantaisie (pas fantasy ! ) dans ce monde de brutes, je choisi le défi que Rosalie n’a pas encore posté ^^ Mais ça ne saurait tarder :p
    (Oui, un certain délégué/auteur très pressé a réveillé tout le monde de ses sms intempestifs pour avoir des défis… Roooh ça se fait pas ! 😀 Du coup, il voit des choses que nous ne savons pas encore …)

    C’était un message pour dénoncer les pressions que subissent nos lecteurs, pauvres de eux XD

    • Emmanuel Del Canto  dit:

      Diffamation ! Et c’est Rosaline d’abord ! :p

      Le défi, donc : introduire une substance narcotique quelconque.
      Ça va donner… :/

      Sur ce, joyeux réveillon à tous !

      • L. W.  dit:

        Rosaline est-elle vraiment fréquentable ? Entre la culotte d’Aïdelyn au chapitre 7 et maintenant l’héroïne (et je ne parle pas de héros féminins), on est plus dans la fantaisie que la fantasy ! 😛
        Je verrais bien Joshua en prendre…

      • Rosaline  dit:

        N’essaie pas de me faire culpabiliser, j’aime les jolies filles et j’en ai pas honte XD

        Et la drogue, ben…Euh…C’est juste dans l’intérêt du récit, bien entendu.

  • L. W.  dit:

    Ce chapitre est vraiment bon, les scènes d’action te réussissent.
    Tu t’es merveilleusement bien appropriée Aïdelyn, An-Guë est toujours énervant (c’est ce qui fait son charisme) et Eli-Ann découvre le désir (pour un rouquin, nul n’est parfait). 😛
    J’ai été un peu moins convaincue par Alrick en revanche. Joshua est un peu effacé, il pourrait mourir sans gêner le récit (ça permettrait même à Eli-Ann d’avoir un nouveau Catalyseur).
    Merci enfin d’avoir sélectionné mon personnage Marie !

    Défi : Un événement inattendu doit révéler les pouvoirs d’un des deux Émissaires inconnus (Terre ou Air).

    Bon réveillon et joyeux Nouvel An ! 🙂

  • Léna  dit:

    Super! 😀
    Pour le personnage de L.W., l’évidence indiquerait qu’il s’agit du garçon roux avec l’écureuil, mais c’est tellement gros que je pense que c’est un piège, et je suppose donc que c’est le dragon/truc métallique qui a remporté le concours. Je me trompe peut-être 😀
    Maintenant, je m’acquitte du défi : je propose qu’un des personnages doive, pour se tirer d’un mauvais pas, se séparer d’une partie de lui-même.
    Je n’en dirai pas plus 😀

    • L. W.  dit:

      La réflexion est bonne mais… non ! 😛

  • Raphaëlle  dit:

    BABOUM !

    • Emmanuel Del Canto  dit:

      BABOUM… GNÉ !

      • L. W.  dit:

        Vous avez commencé le réveillon à l’avance ? 😮

      • Raphaëlle  dit:

        Pire : j’ai été voir Albator au ciné …

      • L. W.  dit:

        Ah effectivement… ça fait baboum. :/

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