Chapitre 19 : Le saut de foi


Cirithmôr était la cité la plus proche des Marécages Oubliés. Située au cœur d’une vaste contrée désolée, son architecture sombre et menaçante suffisait généralement à maintenir les voyageurs à distance. Or, pour la première fois en trois cycles, six étrangers vêtus de cape s’étaient présentés aux portes de la ville en quête d’un abri pour la nuit.
Le nouveau régent de la cité, un Elfe des Marais d’un âge très avancé, était venu les accueillir en personne et leur avait offert l’hospitalité de bonne grâce. Puis, après maintes formules de politesses échangées, il avait ordonné au meilleur espion de sa garde personnelle de filer ces curieux voyageurs. À son plus grand désarroi, ceux-là avaient fini par se séparer en trois petits groupes et s’étaient engagés dans des chemins différents.

– Il a décidé de nous suivre, railla Lynrel d’une voix grinçante. Quel idiot…

Axel et Chloé acquiescèrent en silence et continuèrent à avancer comme si de rien n’était. Sanglée dans le dos de l’Émissaire de l’Eau sous sa nouvelle forme de sceptre enchanté, la Gardienne des Âmes assurait efficacement leurs arrières.
Trois jours s’étaient écoulés depuis leur départ de l’Alliance de Cristal et déjà, de nouveaux liens s’étaient formés entre les membres des Larmes d’Aluthéa, Contre toute attente, Lynrel s’était attachée à ces deux jeunes adolescents qui ne se quittaient plus. Certes, cela ne l’empêchait pas d’intervenir lorsqu’elle jugeait leurs conversations trop insipides, mais elle avait fini par s’y habituer et se surprenait parfois même à alimenter la discussion lorsque celle-ci s’épuisait.

– C’était couru d’avance, murmura finalement Axel. Nous sommes les plus petits de la guilde.

– Deux cibles faciles, renchérit Chloé en esquissant un sourire malicieux.

Les deux amis s’arrêtèrent devant une forge et se laissèrent envahir par la chaleur étouffante qui émanait du four. Leur regard s’attarda sur de somptueuses lames elfiques exposées sur des étagères de marbre noir tandis qu’ils réfléchissaient au meilleur moyen de gagner du temps.

– On s’amuse un peu ? proposa la jeune Elfe en se tournant vers son compagnon.

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Le sac en jute que portait Joshua était plein à craquer. Elorïn et lui avaient été chargés du réapprovisionnement, et la Naine avait pris un malin plaisir à charger l’Elfe autant que possible. La viande séchée occupait l’essentiel de la place et constituait l’aliment de base des voyageurs. Face à l’infertilité tenace de la terre, il était inutile d’espérer trouver des légumes ou des fruits.

– On n’utilisera pas la moitié de ce que tu as mis dans le sac, grommela Joshua. Des statuettes de pierre, sérieusement ?

– Cesse de t’plaindre et avance donc ! Tu oses r’mettre en cause l’jugement d’tes aînés ?

– Non, mais…

– Alors tais-toi, et va payer l’monsieur !

Joshua ravala la réplique cinglante qui lui brûlait les lèvres et laissa échapper un long soupir d’exaspération. Il regrettait déjà la compagnie silencieuse de la prophétesse Elfe qui avait fait la route à ses côtés. Pourquoi Elorïn n’était-elle pas restée avec Alrick ? Tous deux s’entendaient très bien et ne perdaient jamais l’occasion de raconter à qui voulait l’entendre une blague de mauvais goût pour rire ensuite bruyamment.
Arrivant à la conclusion que la Naine ne l’aimait tout simplement pas, Joshua porta son attention sur le commerçant. Il s’agissait d’une petite créature à la peau brune et aux grands yeux globuleux. Il ressemblait à s’y méprendre à un Enfant d’Aluthéa, mais se distinguait de l’espèce de Maître Vuin par ses oreilles courtes et son air hébété.

– Ça vous coûtera quatre joyaux et huit fragments, déclara la créature d’un air absent avant même qu’il ne puisse sortir les articles de son sac.

Joshua ne savait pas comment le petit commerçant pouvait connaître la valeur des objets sans les avoir vus et pour l’heure, ça ne l’intéressait pas. Il était suffisamment préoccupé par la manière dont il allait payer ses achats. Jamais encore il n’avait manipulé la monnaie d’Edengardh.
Avec beaucoup d’appréhension, il sortit de la poche de sa tunique une petite bourse en cuir qu’Elorïn lui avait donnée un peu plus tôt et inspecta minutieusement son contenu. Il compta une vingtaine de pierres précieuses semblables à des rubis. Elles étaient toutes taillées avec la même précision et rien ne les différenciait les unes des autres.
Ne voulant surtout pas solliciter l’aide de la Naine, l’Elfe prit une profonde inspiration et déposa cinq petites pierres sur le comptoir du commerçant. Lorsque ce dernier sortit un marteau de ses tiroirs, il posa instinctivement ses mains sur la garde de ses lames elfiques, prêt à se défendre. Mais la créature ne présentait aucun signe d’agressivité, et c’est d’un geste machinal qu’elle abattit son marteau sur l’un des joyaux. Celui-ci se brisa alors en dix petits morceaux parfaitement identiques.

– Voici votre monnaie, ajouta simplement le commerçant en poussant deux fragments dans sa direction. Bonne journée.

Décontenancé, Joshua tendit la main pour récupérer ses fragments de joyaux avant d’arrêter brusquement son geste. Il venait de remarquer, sur une petite étagère derrière la créature, plusieurs armes similaires à celles qu’utilisait Mercurios.

– Combien pour ça ? demanda-t-il en désignant le pistolet du doigt.

– Quinze joyaux pour une arme à feu classique, répondit la créature comme si elle récitait un texte appris par cœur.

Sans hésiter une seconde, Joshua vida le contenu de la bourse sur le comptoir.

– Vous pouvez garder la monnaie.

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Rose regarda le soleil disparaître derrière les tours sombres de Cirithmôr. Elle connaissait la cité mieux que quiconque et pourtant, elle ne parvenait pas à se défaire de l’inquiétude qui la rongeait.

– Tu crains pour tes enfants ? lui demanda Alrick en se plaçant à ses côtés.

L’Elfe des Marais plongea son regard dans celui de l’Humain.

– Je crains pour nos vies à tous, répondit-elle avec gravité. Nous ne savons pas ce qui nous attend là-bas. Et en admettant que notre mission soit un succès, que se passera-t-il lorsque les quatre Éléments seront réunis ? J’ai un mauvais pressentiment au sujet de cette prophétie, Alrick. Quelque chose nous échappe, et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus…

– Tu réfléchis beaucoup trop.

L’Émissaire de la Terre posa une main compatissante sur l’épaule de son amie, puis reprit la route en direction du palais de Cirithmôr.
Derrière son apparente confiance, l’Humain était lui aussi en proie au doute. Mais les adversaires métalliques qui s’en étaient pris à l’Académie étaient le cadet de ses soucis. S’ils se cachaient sous terre, ce qui était la solution la plus probable, il lui suffirait d’un simple claquement de doigts pour tous les ensevelir sans même leur laisser le temps de grincer. La réunion des quatre Éléments, en revanche, s’annonçait beaucoup plus difficile. La dernière Émissaire, celle de l’Air, en était la cause principale.

– Tu te caches depuis trop longtemps, Elinor… lâcha Alrick avec amertume.

– Tu as dit quelque chose ? s’enquit Rose en le rattrapant.

– Non, je réfléchissais juste à voix haute.

Les deux compagnons parcoururent en silence la distance qui les séparait du majestueux palais de la cité. Lorsqu’ils arrivèrent au pied de l’immense portail de métal qui protégeait l’entrée, ils furent saisis par l’aura de puissance que dégageait le bâtiment tout entier.

– Nous n’avons croisé personne sur la route, murmura l’Elfe des Marais en fronçant les sourcils. J’ai peur qu’il s’agisse d’une embuscade.

Sans dire un mot, Alrick s’empara de son énorme hache à double tranchant et laissa son regard se perdre au loin. Il patienta ainsi pendant plusieurs longues minutes, puisant dans la terre toute l’énergie que son corps pouvait emmagasiner.
Par précaution, Rose fit quelques pas en arrière, sans pour autant quitter l’Humain des yeux.

– Que… qu’as-tu l’intention de faire, au juste ? osa-t-elle demander.

– Je leur tends une embuscade en premier.

D’un geste vif, l’Émissaire de la Terre abattit sa hache au sol avec une force incommensurable. Le portail métallique qui se dressait devant eux fut instantanément réduit en miettes, et une terrible onde de choc se propagea en direction du palais. Lorsqu’elle le percuta, quelques secondes plus tard, la terre elle-même s’ouvrit sous l’édifice qui s’écroula comme un château de cartes.

– Par tous les Dieux… souffla Rose d’un air horrifié. Il y avait sans doute des innocents, à l’intérieur. Des enfants…

Une silhouette massive se dessina au loin, à proximité des débris.

– On s’en tient au plan, déclara simplement Alrick en saisissant sa hache avec ses deux mains. Pas de seconde chance.

La silhouette se précisa et Rose identifia ce qui semblait être le fruit de l’amour d’un Géant et d’une Humaine – ou l’inverse. Ce dernier, malgré sa carrure imposante, se mouvait avec une facilité déconcertante. L’air mauvais, il tenait une épée longue dans chaque main et semblait déterminé à se venger. Bien qu’elle ne ressentit aucune magie émaner de son être, l’Elfe des Marais sut que cette créature était dangereuse.
Le sourire aux lèvres, Alrick s’élança à sa rencontre.

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– Tu as QUOI ?

Tous les visages se tournèrent brusquement vers la Naine qui semblait au bord de la crise d’hystérie face à un Elfe des Marais visiblement exaspéré. Heureusement, la discrétion ne faisait pas partie des pré-requis pour mener à bien la mission qui leur avait été confiée, et Joshua songea avec soulagement qu’ils allaient bientôt pouvoir rejoindre le lieu de rendez-vous.
Mais d’abord, il allait devoir justifier l’absence de joyaux dans sa petite bourse de cuir.

– Ce sont tes statuettes, répliqua-t-il d’un ton qu’il voulait convaincant. En voulant alourdir mon sac, tu as…

– Ne m’prends pas pour une idiote, p’tit gars ! coupa Elorïn qui ne pouvait s’empêcher de hurler. Ces statuettes sont cruciales pour notre opération, et j’sais parfaitement c’qu’elles valent !

– Alors je me suis fait escroquer ! s’emporta Joshua à son tour. La prochaine fois, tu n’auras qu’à y aller toi-même, puisque tu es si bien informée !

Elorïn évalua le jeune Elfe de ses yeux laiteux, comme pour sonder son esprit à la recherche de la vérité. Mal à l’aise, Joshua s’efforça de soutenir son regard en essayant de faire le vide dans sa tête, mais il ne pouvait s’empêcher de penser à l’arme à feu qu’il dissimulait dans la poche de sa tunique.
La prophétesse Naine ne semblait toutefois pas avoir de talents cachés. Quelques instants plus tard, elle détourna les yeux et poursuivit sa route en maudissant tous les incapables qui lui faisaient perdre du temps et de l’argent.

– Pourquoi es-tu venue avec nous ? demanda l’Elfe en la rattrapant d’un pas léger.

– J’te d’mande pardon ?

– Pourquoi es-tu venue avec nous ? répéta Joshua avec insistance. Alrick et Chloé sont tous les deux Émissaires. Moi, je suis un Catalyseur. Lynrel est la seule à connaître l’emplacement approximatif de nos ennemis, puisqu’elle espionnait Kalek, le traître. Mais rien ne justifie que deux prophétesses et un petit garçon incapable de se défendre risquent leur vie pour cette opération. Au mieux, vous allez nous ralentir.

Elorïn s’arrêta brusquement. Son corps se mit alors à irradier d’une lueur malsaine et ses longs cheveux blonds hirsutes devinrent noirs de jais. Lorsqu’elle planta son regard dans celui de Joshua, ce dernier eut un mouvement de recul. Les yeux de la Naine s’étaient teintés de bleu et semblaient animés d’une lueur spectrale.
Autour d’elle, les passants trop curieux étouffèrent des cris de frayeur et pressèrent le pas en direction de leur domicile. Très vite, l’allée des commerçants fut désertée.

– Ton bras, ordonna-t-elle alors d’une voix étrangement rauque. Tends-le vers moi.

Bien que têtu, le jeune Elfe ne songea pas une seule seconde à lui désobéir. Il s’exécuta et tendit lentement son bras droit en direction d’Elorïn, paume ouverte. Cette dernière lui agrippa alors fermement le poignet et Joshua frissonna au contact glacé de sa peau.

– Maintenant, sombre dans les méandres de mon regard…

L’emprise de la prophétesse était totale. Impuissant, Joshua n’eut d’autre choix que de plonger son regard dans celui de la Naine. Et lorsque ses yeux entrèrent en contact avec les siens, il sentit la réalité du monde lui échapper.
Une brume épaisse envahit alors son champ de vision et, lentement, les contours d’un visage se dessinèrent dans son esprit.
Celui d’Alrick.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, le jeune Elfe était étendu au sol. Il remarqua la présence d’Elorïn, penchée au-dessus de lui. Ses cheveux étaient redevenus blonds et ses yeux aveugles avaient retrouvé leur couleur blanche d’origine.

– Je ne me souviens pas m’être endormi, murmura-t-il en se redressant.

La Naine l’observa d’un air grave.

– Seule la terreur d’un Dernier Visage peut provoquer l’inconscience.

– Qu’est-ce que ça veut dire ?

Elorïn ne répondit pas tout de suite. Elle aida Joshua à se relever, épousseta sa tunique d’un air absent, puis leva à nouveau les yeux dans sa direction.

– Chacune des trois prophétesses dispose d’un pouvoir unique, déclara-t-elle en choisissant ses mots avec soin. Rose peut tromper ses ennemis en volant leur corps. Oztas, que nous devons secourir, est la seule magicienne capable de tracer des runes sans recourir à des composants…

Elle s’interrompit un instant, mesurant l’importance de la révélation qu’elle s’apprêtait à lui faire.

– Et toi ? s’impatienta Joshua. Quel est ton pouvoir ?

Le jeune Elfe avait un mauvais pressentiment, et il lui était difficile de dissimuler son inquiétude. Le visage d’Elorïn, telle qu’elle lui était apparue suite à sa métamorphose, le hantait toujours. Comme si la mort en personne s’était manifestée à travers la prophétesse.

– Pour les plus chanceux, avoua-t-elle finalement, ma magie n’a aucun effet. Tous les autres voient le Dernier Visage…

Joshua devint blême lorsqu’il comprit où la Naine voulait en venir.

– Celui qui sera à l’origine de leur perte.

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Le géant du palais était maintenu au sol par une force invisible qui l’empêchait d’effectuer le moindre mouvement. Pendant plusieurs longues minutes, la créature avait fait jeu égal avec Alrick, maniant ses deux épées comme si elles étaient des extensions de son propre corps. Mais l’Humain s’était révélé meilleur que son adversaire. Sans avoir recours à la magie, il avait su profiter de la première ouverture de son adversaire pour le déséquilibrer et entraîner sa chute.

– C’est à toi de jouer maintenant, souffla-t-il avant de détourner son regard. Ne traîne pas s’il te plaît, il a combattu vaillamment.

L’Elfe des Marais tressaillit à la vue du géant. Le bon déroulement du plan dépendait entièrement de sa réussite, mais elle ne se sentait pas prête. Elle ne l’avait jamais été.

– Tu me demandes de tuer de sang-froid un être vivant sans défense, dit-elle d’une voix faible.

– Préfères-tu que je le libère de la gravité à laquelle il est soumis ? suggéra Alrick avec ironie.

Rose secoua doucement la tête de droite à gauche.

– Tu sais à quel point je respecte la vie. Sous toutes ses formes.

– Alors songe à toutes les choses positives qui vont résulter de ce sacrifice. À ton amie Oztas qui souffre injustement et à qui tu vas pouvoir…

– Je n’ai pas besoin de ce genre d’arguments, coupa l’Elfe.

La réputation d’Alrick le précédait. Il était de notoriété publique que l’Humain parvenait toujours à ses fins, sans se soucier des conséquences que cela pouvait entraîner. Et lorsqu’un moralisateur osait remettre en question ses méthodes parfois discutables, il lui suffisait de montrer les résultats de ce qu’il entreprenait. Tout était toujours mesuré à la perfection.

Essayant de se convaincre qu’elle agissait pour l’intérêt du plus grand nombre, la prophétesse s’avança vers le géant en évitant soigneusement son regard. Elle se pencha au-dessus de son corps et inspira profondément.

– Ne détourne pas les yeux, Femme, gronda la créature d’une voix rauque. Ôte-moi la vie si tu le souhaites, mais préserve au moins mon honneur.

Rose sentit son cœur se déchirer et sut à cet instant qu’elle ne pourrait jamais oublier les derniers mots du géant. Les yeux embués de larmes, elle accepta de plonger son regard dans le sien et posa la paume de sa main droite sur son torse.

– Je suis désolée, murmura-t-elle.

Un halo brumeux enveloppa doucement les deux êtres, jusqu’à les dissimuler complètement dans la nuit naissante, à l’intérieur de la vaste cour du palais en ruine. Alrick ne put s’empêcher d’esquisser une moue de dégoût en songeant à la magie de l’Elfe qui opérait.
Lorsque le brouillard se dissipa enfin, il ne restait plus qu’un seul corps. Celui du géant.

– Comment te sens-tu ? s’enquit l’Humain.

La créature lui lança un regard mauvais.

– J’irais mieux si tu diminuais la gravité autour de mon corps, répondit Rose de sa nouvelle voix grave.

Alrick leva le sortilège qui maintenait son adversaire au sol, puis tendit sa main à son amie pour l’aider à se relever. Cette dernière l’ignora complètement et se remit debout d’un seul bond avec une souplesse insoupçonnée.
L’Émissaire de la Terre n’insista pas. De toutes les Elfes dont il avait fait la connaissance, Rose était sans nul doute la plus pacifiste d’entre eux. La simple idée de meurtre la répugnait. Et pourtant, le sort qu’elle avait réservé au géant était bien pire que la mort. Elle lui avait dérobé son existence toute entière et avait sacrifié son propre corps dans le processus.

– Je sais tout, déclara finalement Rose.

Elle désigna du doigt les hautes montagnes à l’ouest et afficha un air déterminé.

– Nos ennemis se terrent là-bas. Une immense citadelle sous la montagne pleine d’Humains, d’Elfes des Marais et de machines plus dangereuses que celles qui ont attaqué l’Académie. Il y a parmi eux un jeune guerrier aux commandes d’un léviathan de métal. Il a tenu Aïdelyn en échec à Altar.

Alrick crispa la mâchoire à l’évocation de la magicienne. Personne ne pouvait sortir vainqueur d’un duel contre Aïdelyn. Lui-même avait échoué lorsqu’il s’y était risqué.

– Ce n’est pas le pire, poursuivit Rose. La citadelle est dirigée par un être différent de tous les autres. Certains disent qu’il n’est même pas Humain. Là-bas, il se fait appeler « Berger ».

Les yeux de l’Émissaire de la Terre s’écarquillèrent sous la surprise. Sa connaissance des anciens Dieux était limitée, mais il était persuadé d’avoir déjà entendu une histoire qui faisait allusion à un berger parmi les divinités d’Edengardh. Mais l’heure n’était pas aux suppositions.
Très vite, grâce aux précieuses informations recueillies par la prophétesse, un nouveau plan prit forme dans son esprit.

– Le Berger n’a qu’à bien tenir ses moutons, lâcha-t-il avec un sourire sans joie. Les loups sont en chemin.

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Axel et Chloé arrivèrent pour la huitième fois sur la place centrale de Cirithmôr. Épuisés mais d’excellente humeur, ils firent une halte au bord de la plus grande fontaine. Ils y remplirent leur gourde et la vidèrent une première fois avant de la replonger dans le bassin circulaire.

– J’aime bien cette ville ! lança joyeusement le garçon en échangeant un regard complice avec son amie.

– Elle est géniale, renchérit Chloé avec le sourire. Les commerçants ressemblent tous à Maître Vuin et sont vraiment très gentils. Même lorsqu’on leur pose vingt fois la même question, ils y répondent toujours de bon cœur.

– Et les ruelles se ressemblent toutes. On pense avancer vers une destination bien précise et… hop ! On se retrouve au point de départ.

– Mais on ne s’en lasse jamais. Je pourrais me promener toute la nuit d’ailleurs ! On y retourne ?

– Vous n’irez nulle part, gronda alors une voix rauque.

Le sourire sur le visage des deux jeunes magiciens s’élargit davantage lorsqu’ils se retournèrent pour faire face à l’espion qui les menaçait. Il s’agissait d’un Elfe des Marais particulièrement robuste au visage recouvert de cicatrices. Chloé songea qu’il n’avait pas vraiment le profil de l’emploi mais s’abstint d’en faire la remarque.
Pendant près de deux heures, ce dernier les avait suivis à travers la ville dans l’espoir de découvrir ce qu’ils manigançaient. Mais cela n’avait dérangé en rien les deux amis dont la mission consistait simplement à gagner du temps.

– Vous êtes du genre patient, le taquina Axel avec une assurance inhabituelle. Je pensais que vous auriez craqué bien plus tôt…

Mais l’espion n’était pas enclin à la plaisanterie. D’un geste vif, il s’empara des deux cimeterres pendus à sa ceinture et s’élança en direction de Chloé, qui semblait plus fragile que son compagnon.

– Erreur, murmura la jeune Elfe. Je ne suis pas toute seule.

Déterminée à sortir victorieuse de son premier vrai combat, elle saisit son sceptre avec ses deux mains et dirigea le cristal qu’il renfermait vers son ennemi.

– Voyons ce que tu as dans le ventre, Lynrel…

– Laisse faire Mamie, tu ne seras pas déçue !

Chloé laissa déferler une grande partie de son énergie à travers son arme enchantée. Le cristal du sceptre se mit alors à scintiller d’une vive lumière azur, et un puissant jet d’eau fut expédié en direction de l’Elfe des Marais qui ne s’attendait pas à une telle riposte. Surpris par la rapidité d’exécution de son adversaire, ce dernier s’arrêta brusquement avant d’effectuer une roulade sur le côté. Il se releva en hâte et se prépara à lancer un nouvel assaut, mais un bruit de remous détourna son attention au dernier moment. Lorsqu’il se retourna, son visage prit une expression horrifiée.
Le jet d’eau n’avait pas terminé sa course comme il l’aurait dû. Après avoir manqué sa cible, il s’était dispersé dans les airs pour se reconstituer presque aussitôt sous une nouvelle forme. À présent, une créature élémentaire cauchemardesque dominait l’espion sur toute sa hauteur. Elle ouvrit une gueule béante, laissant apparaître une énorme ventouse, puis fondit brutalement sur son ennemi. Il y eut un bruit de succion, puis plus rien.
Lorsque l’eau se dissipa enfin, il ne restait aucune trace de l’Elfe des Marais.

– Il… Il est mort ? bredouilla Chloé, sous le choc.

– Allons, ce n’est pas mon genre… répondit le sceptre d’un ton narquois. Il est simplement prisonnier d’une dimension parallèle où il devra réfléchir à ses actes. S’il accepte de se repentir, il pourra en sortir et avoir une seconde chance.

Le visage de la jeune Elfe s’illumina.

– C’est vrai ? Tu es capable de faire ce genre de choses ?

Lynrel laissa échapper un long soupir.

– Bien sûr qu’il est mort, sombre idiote. Cet imbécile a essayé de nous tuer.

Chloé sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle ne pleura pas. Elle savait que la réalité du monde était bien plus dure que tout ce qu’elle avait pu vivre au sein de l’Académie. Cependant, elle savait aussi qu’elle était libre de choisir sa voie. Le sort de son adversaire aurait pu être différent si Lynrel n’était pas intervenue de la sorte.

– Incendere… murmura la jeune Elfe.

– Qu’est-ce que tu marmonnes, encore ?

– INCENDERE !

La partie supérieure du bâton s’embrasa d’un seul coup, et Axel eut un mouvement de recul qui le fit trébucher dans la fontaine glaciale. Lorsqu’il se releva, trempé jusqu’à l’os, il remarqua une lueur inquiétante dans les yeux violets de son amie. Son regard, habituellement rieur et bienveillant, était devenu froid comme l’hiver.

– Ce n’était pas censé se passer comme ça, déclara Chloé avec une voix étrangement calme.

Les cris de Lynrel résonnèrent dans la nuit. Axel se demanda un instant si un bâton pouvait vraiment ressentir la douleur, mais il finit par se convaincre que la magie justifiait sans doute le phénomène. Ce qui le surprenait le plus était l’attitude de son amie. Jamais Chloé n’avait fait preuve d’agressivité auparavant, et il ne l’avait jamais vue utiliser un autre élément que le sien. Le garçon se rendit compte avec une certaine tristesse qu’il ne connaissait pas la jeune Elfe comme il l’imaginait.

– Arrête ça ! supplia Lynrel. Veux-tu vraiment réduire en cendres le cadeau que t’a fait ce cher Maître Vuin ?

Chloé resta sourde aux paroles de la vieille magicienne et les flammes gagnèrent en intensité, arrachant des cris supplémentaires au sceptre enchanté.

– Dorénavant, nous ferons les choses à ma façon, déclara-t-elle avec froideur. C’est bien clair ?

Si Lynrel avait eu la capacité de hocher la tête de haut en bas, elle l’aurait fait sans la moindre hésitation.

– Je ferai tout ce que tu me demanderas mais par pitié, arrête ça !

De longues secondes s’écoulèrent avant que la petite Émissaire ne daigne enfin mettre un terme au supplice de la vieille magicienne. Elle s’avança d’un pas furieux en direction d’Axel, le contourna et plongea son sceptre au fond du bassin d’eau froide.

– Il y a des petites bulles qui remontent à la surface, remarqua le garçon en essayant de détendre l’atmosphère.

Face au naturel désarmant de son ami, Chloé ne put s’empêcher de sourire et finit par retrouver son calme. Elle sortit Lynrel de la fontaine et la sangla dans son dos sans lui accorder la moindre attention, tandis que la vieille magicienne toussait comme si elle venait d’échapper à la noyade.
La jeune Elfe se redressa et scruta les alentours avec attention tout en réfléchissant à son attitude. En se vengeant ainsi, elle s’était rabaissée au niveau de la Gardienne des Âmes. Pire encore, elle avait utilisé un sortilège incanté qui l’avait vidée de son énergie. Aïdelyn l’avait pourtant mise en garde sur l’utilisation d’une telle magie.

– Chloé !

La petite Émissaire oublia momentanément ses sombres pensées lorsqu’elle aperçut son frère à l’autre extrémité de la place. Celui-ci se précipita vers elle et la serra si fort dans ses bras qu’elle se demanda ce qui pouvait bien motiver une telle démonstration d’affection en public. Elorïn apparut à son tour, égale à elle-même, en traînant derrière elle un sac de provisions plein à craquer.

– Les deux autres ne sont pas encore revenus ? s’enquit la prophétesse Naine en posant le sac aux pieds de Joshua.

– Il me semble voir Maître Alrick là-bas, répondit Axel en désignant une petite silhouette au loin. Mais ce n’est certainement pas Dame Rose à côté de lui…

Tous suivirent du regard la direction indiquée par le jeune garçon pour identifier la personne qui accompagnait l’Humain. Il ne s’agissait pas l’Elfe des Marais au physique avantageux.
Les sens en alerte, Joshua referma doucement ses mains sur la garde des ses lames. La créature semblait mesurer près de deux mètres de haut pour plus d’un mètre de large. Ce mastodonte était un homme à la peau sombre et au crâne rasé, et l’expression menaçante de son visage ne laisser planer aucun doute quant à ses intentions.

– C’est un Gardien de la Citadelle, fit remarquer le jeune Elfe à l’attention d’Alrick. Comme Gaarath, l’ancien compagnon d’Eli-Ann.

– C’était un Gardien, rectifia l’Humain en lançant un regard en biais à la créature. Maintenant, c’est notre meilleure chance de récupérer Eli-Ann et Oztas.

Le géant adressa un signe de la main amical à ses compagnons.

– Je suis moins sexy qu’avant, soupira Rose, mais il va bien falloir vous y faire. Je m’appelle Renwald, maintenant…

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– Ce plan ne fonctionnera jamais, déclara Axel lorsqu’il se retrouva face aux grandes portes de la Citadelle. Mais c’est avec un immense plaisir que je mourrai à vos côtés.

Chloé lui donna une petite tape sur la tête en forçant un léger sourire. Le cœur battant à tout rompre, elle avait aussi l’impression de se jeter dans la gueule du loup.

Pendant plus de deux heures, Rose – Renwald, désormais – les avait guidés tous les deux à travers les terres inhospitalières des Elfes sombres. Ils avaient contourné avec précaution les Marécages Oubliés, faisant halte régulièrement pour s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis. Après une marche interminable dans la boue, ils avaient finalement découvert le sentier qui menait au cœur de la montagne et s’y étaient aventurés sans la moindre hésitation, bien conscients du danger qui les attendait.

Le Gardien de la Citadelle sortit d’une poche une petite statuette de pierre et la jeta négligemment dans la boue.

– Le dernier point d’observation est en place, annonça-t-il. Quoi qu’il arrive, Elorïn saura donner la localisation précise de nos ennemis à l’Alliance de Cristal, lorsqu’elle retournera auprès de Vuin.

Renwald se retourna pour faire face à ses deux jeunes protégés et leur adressa un signe de tête encourageant.

– C’est l’heure, mes chers prisonniers. Allons découvrir les cellules de cette glorieuse cité.

Axel et Chloé acquiescèrent en silence. Les mains étroitement liées par des entraves de métal, ils savaient que le moindre faux pas leur coûterait la vie. Plusieurs fois pendant leur marche nocturne, ils avaient trébuché dans la boue, et les traits de leur visage étaient désormais marqués par la fatigue. La réussite du plan reposait essentiellement sur leur crédibilité en tant que prisonniers.
Retenant son souffle, la prophétesse frappa aux lourdes portes de la Citadelle de Paar, capitale des Hommes sous la montagne.

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Au même moment, Alrick et Joshua terminèrent l’ascension du pic de l’Exalté, point culminant de la première montagne d’une chaîne qui semblait s’étendre à l’infini.

– Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda l’Elfe avec impatience. Il n’y a que des montagnes à perte de vue, et je ne suis pas certain de vouloir escalader la prochaine.

L’Humain ne répondit pas tout de suite. Il s’avança avec précaution au bord de la falaise et étudia la paroi lisse de la montagne qui lui faisait face. Son regard s’éleva en direction du sommet à la recherche d’une ouverture, mais la lumière émise par la lune était bien trop insuffisante pour distinguer autre chose qu’une vague forme sombre.

– Viens, fit-il en lui tendant la main. Approche-toi un peu.

L’invitation de l’Émissaire de la Terre n’était pas du goût de Joshua qui redoubla de vigilance avant de le rejoindre au bord de la falaise.

– On recherche une sorte de belvédère, expliqua Alrick avec son index en indiquant un emplacement approximatif.

– Je ne sais pas ce que c’est, un « belvet d’air ».

– C’est un point d’observation. Même s’il se terre dans un trou, le Berger aime contempler le monde depuis les hauteurs. D’après les indications de Rose, il devrait se trouver par ici, sur le flanc de la plus haute montagne qui est en face de nous.

Joshua fit un pas supplémentaire en avant et laissa son regard se perdre au loin. Ses yeux, habitués depuis toujours à l’obscurité des marécages, ne tardèrent pas à identifier une anomalie sur la paroi rocheuse.
Très loin au-dessus de leur tête, un petit promontoire offrait une vue imprenable sur Edengardh.

– Je le vois, nota l’Elfe d’un ton neutre. C’est inaccessible depuis l’extérieur. L’escalade serait bien trop dangereuse, même de jour. Et il y a une espèce de porte en métal qui bloque l’accès.

Visiblement satisfait, Alrick s’empara de sa hache à deux mains tandis que Joshua s’éloignait déjà du bord de la falaise.

– Parfait, fit l’Émissaire. Tu peux y aller, je te suis.

– Pardon ?

– Tu as déjà pris de l’élan, non ? Il ne te reste plus qu’à sauter.

Face à l’hésitation du jeune Elfe, Alrick jugea utile de lui donner des précisions sur le plan qu’il avait en tête.

– Dès que tu t’élanceras du haut de cette falaise, expliqua-t-il, tu ne seras plus soumis à l’attraction terrestre. Je veillerai à doser la gravité de manière à ce que nous arrivions tous les deux sur le belvédère, suite à quoi je ferai exploser la grille. Ensuite, je tue le Berger au cours d’un combat à mains nues particulièrement intense sous le regard admiratif de ses plus belles maîtresses. Et après, on repart. Des questions ?

L’attention de Joshua s’était bloquée sur le mot « falaise » et il n’avait pas écouté la moitié de ce que lui avait dit l’Humain.

– Tu es sûr que je ne cours aucun risque ? demanda-t-il en le fixant avec intensité.

Alrick s’appuya sur son arme avec nonchalance et dévisagea à son tour le jeune Elfe avec un demi-sourire.

– La seule question que tu dois te poser est la suivante, répondit-il. Me fais-tu confiance ?

Spontanément, Joshua voulut répondre par la négative. L’image d’Alrick à travers la vision d’Elorïn était toujours présente dans son esprit et il ne parvenait pas à s’en défaire. La prophétesse Naine l’avait décrite comme le Dernier Visage. Celui qui serait à l’origine de sa mort.
Machinalement, il plaça ses mains dans les poches de sa tunique et sentit le contact glacé de l’arme à feu acquise plus tôt dans la soirée.

– Allons-y, répondit simplement le jeune Elfe.

Et il s’élança à toute vitesse en direction de la plus haute montagne.
Lorsque ses pieds quittèrent le sol, Joshua sentit son corps devenir extrêmement léger et il s’éleva brusquement dans les airs. La forme du belvédère se précisa devant lui et il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour s’y engouffrer avec aisance.
Derrière lui, Alrick atterrit avec la même facilité et fit exploser avec violence la grille de métal qui entravait leur route. Les deux compagnons s’engouffrèrent alors à travers le passage et se mirent à courir le long d’un tapis rouge à l’intérieur d’une immense salle richement décorée.

– Regardez qui voilà ! lança une voix forte qui résonna en écho dans toute la pièce.

Un gigantesque léviathan de métal s’engouffra avec grâce à l’intérieur de la salle du trône. Sur son dos se tenait un jeune homme blond qui exhibait son torse à la manière d’un guerrier des temps anciens, sous une épaisse fourrure négligemment posée sur ses épaules.

– Alrick Altar, salua-t-il en mimant une révérence. Je n’ai pas encore eu l’honneur de vous présenter mes excuses pour la destruction de votre cité.

Le garçon redressa la tête et afficha sourire suffisant.

– Ni pour la perte tragique de votre bien-aimée…

L’Émissaire de la Terre remua silencieusement les lèvres et matérialisa au dessus de sa paume un cristal losangé de petite taille. Si son enveloppe semblait solide, l’intérieur était assurément liquide et rougeoyait comme du métal en fusion.
D’un simple claquement de doigts, il l’expédia à tout vitesse en direction du dragon de métal. Il y eut une explosion assourdissante. Lorsque le nuage de fumée se dissipa, quelques cendres retombèrent mollement sur le sol.
Le colosse venait d’être désintégré.

Pris de court par la puissance insoupçonnée de l’attaque, le jeune guerrier avait bondi juste à temps pour retomber avec souplesse sur le sol, les mains refermées sur la garde de son épée.

– Bien, petit, lança Alrick en affichant un sourire inquiétant. An-Guë, c’est ça ?

Sans attendre de réponse, il se retourna brièvement pour faire signe à Joshua de continuer sans lui, puis adopta une posture de combat pour faire face à son jeune adversaire.

– Tu as vingt minutes avant que je ne retrouve l’usage de mes pouvoirs. Amusons-nous un peu !


 


4 réactions pour Chapitre 19 : Le saut de foi

  • Emmanuel Del Canto  dit:

    Pour cette fin de deuxième cycle, je vais valider le défi de Léna.

    Marie devra donc, en plus des contraintes amenées par ce chapitre, nous faire découvrir les paysages ou la géographie d’Edengardh.

    Bonne chance à elle !

  • Léna  dit:

    Deuze! huhu ^^’
    Bref, j’ai enfin trouvé mon inspiration commentatrice, et donc, bien que je sois d’accord avec LW pour dire que ça va trop vite sur le plan du voyage (c’est vrai quoi, on aurait pu passer par un certain village avec un certain marchand de babioles d’abord. ahem.), c’est vrai que ça aurait pu être un peu monotone la traversée des plaines.
    Enfin, si plaines il y a, parce que pour l’instant, à part un marais, une montagne, une forêt une académie et Altar, on a un p’tit peu de mal à s’y repérer, dans ce pays!
    Donc, du coup, je propose que Marie nous fasse découvrir un peu les paysages/la géographie d’Edengardh 🙂

    Et sinon sur le plan de l’action/des personnages, bah… Super! Idem qu’au chapitre 18 pour les personnages gentils/méchants c’est moins clair, et en plus le trio Axel/Chloé/Lynrel promet pas mal de péripéties!
    Ah, et je plussoie la monnaie aussi! Par contre, ça se recolle les fragments ou…? 😀

  • L. W.  dit:

    First ! (Mode kikoolol hystérique)
    Je vais peut-être faire jaser certaines personnes, mais je trouve ce chapitre beaucoup trop dense, et la fin de cycle doit y être pour beaucoup.
    Tu as fait le choix difficile de gérer sept personnages d’un coup, soit. C’est plutôt bien fait d’ailleurs, le chapitre est plus long que les précédents et les situations sont bien travaillées. Tu arrives à parsemer de touches d’humour des situations dramatiques et ça marche à chaque fois.
    Mais là, c’est la course. J’aimerais tellement en savoir plus sur le passé de Rose, ou découvrir Elorïn. Cirithmôr est une ville sympa, mais par où la guilde est-elle passée avant d’en arriver là ? Tout s’enchaîne trop rapidement selon moi.
    Vous êtes-vous fixés une limite de chapitres à respecter ?
    A part ça, de bonnes surprise tout de même. L’ambiguïté autour d’Alrick est relancée et la mort semble planer autour des héros. La transition vers le chapitre de Marie promet une fin de cycle épique, on va enfin avoir droit à du collaboratif ! (Car depuis le chapitre 13, chacun fait son truc sans gêner l’autre. :P)
    Voilà pour ma critique, bonne chance pour la suite.

    Pour le défi, je voudrais qu’une allusion amusante à l’un des auteurs soit insérée dans la narration.

    • Emmanuel Del Canto  dit:

      Bonjour et merci pour ta critique.

      Je peux comprendre ta frustration quant à l’avancée du récit.
      Lors de mon chapitre précédent (le 17), la guilde des Larmes d’Aluthéa s’est à peine formée et dans celui-ci, ils sont déjà proches de leur objectif. Ça peut sembler précipité.
      Mais entre temps, il y a eu le chapitre 18 de Marie et plusieurs jours se sont écoulés depuis.

      Les contraintes ne sont pas les mêmes lorsqu’on écrit à deux.
      J’aimerais beaucoup explorer d’autres cultures présentes en Edengardh, m’intéresser à la faune et la flore, détailler le passé des personnages… Mais l’histoire doit avancer et j’ai fait le choix (peut-être pas le bon, qui sait) de me concentrer sur les événements principaux.
      Effectivement, il y a la fin du cycle à prendre en compte. Le premier s’est terminé d’une façon inattendue et je voudrais que le second soit encore plus marquant.
      Quant à une éventuelle limite de chapitres, rien n’a encore été décidé « officiellement ».

      Enfin, tu peux voir un bon côté à cette précipitation : je viens taquiner Marie sur son terrain de jeu en me frottant à ses personnages, la collaboration est sauve ! 😉

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