Chapitre 25 : Ressentir pour de vrai


Eryngûr, la forêt de l’esprit intérieur, regorgeait de vie. La partie supérieure des bois lui avait tout d’abord semblé inhospitalière, mais Eli-Ann ne pouvait rester insensible à la pureté de l’énergie qui l’enveloppait de toute part. Durant toute sa vie, son environnement avait été essentiellement constitué de roches sans âme. Une pierre humide et froide contre laquelle elle avait lutté toute sa vie avec un feu qu’elle ne maîtrisait pas à l’époque.
Les choses avaient bien changé. Son époux, Gaarath, l’avait aidée à s’échapper du Dôme avant sa destruction. Sa route avait alors croisé celle de Joshua, l’Elfe taciturne qui avait toujours fait preuve de gentillesse à son égard. Il était devenu son Catalyseur par la force des choses et, après son enlèvement par les Humains, avait tout mis en œuvre pour la retrouver.
Depuis leur fuite de la Citadelle, Joshua lui témoignait une attention qui la mettait parfois mal à l’aise. Le regard qu’il portait sur elle était différent de celui auquel elle était habituée. Et même si elle ne connaissait rien en matière de relations amoureuses, elle commençait à se faire une idée sur ce qu’il pouvait ressentir à son égard. Elle pouvait lire le désir dans le regard de l’Elfe, un désir similaire à celui qui animait les yeux d’An-Guë lorsqu’il rendait visite à Oztas dans la prison de la Citadelle.
Mais tout cela n’avait aucune importance. Elle n’était qu’une petite Olm mutilée, recherchée par la moitié du continent pour un pouvoir qu’elle n’avait pas choisi. Ses jours étaient comptés, comme ceux de son entourage, et chaque minute de son temps devait être consacrée à sa survie.
Aussi, elle ne comprenait pas pourquoi elle devait ramasser des herbes pour ce vieux fou qui les avait attaqués une semaine plus tôt.

– Voyons voir, marmonna-t-elle en parcourant des yeux une liste d’ingrédients griffonnée sur son carnet d’herboristerie. C’est un Sang-du-Diable, pour sûr. Je n’ai plus qu’à la ramasser et… Dipy !

Le jeune phœnix, qui était devenu son plus proche compagnon ces derniers jours, venait de trouver son déjeuner. Il utilisa ses petites serres acérées pour déraciner la plante écarlate et l’attrapa dans son bec avant que sa nouvelle maîtresse ne puisse lui dire quoi que ce soit. Sa peau, qui était jusque-là fripée en raison de sa récente résurrection, devint plus lisse et se teinta légèrement de rouge.
Eli-Ann, fascinée par le spectacle qui se déroulait devant ses yeux, ne put se résoudre à sermonner la petite créature. Elle rangea son carnet dans une sacoche remplie d’herbes qu’elle venait de cueillir et poursuivit ses recherches.

L’Émissaire du Feu appréciait ces rares moments de quiétude où elle pouvait marcher pendant des heures sans courir le moindre risque. C’était en tout cas ce qu’avait assuré Garuda, le vieil humain qui leur avait offert l’hospitalité en leur promettant des réponses dans les prochains jours à venir. Eli-Ann ne lui faisait pas confiance, mais elle devait reconnaître que les forêts elfiques étaient sans aucun doute les contrées les plus accueillantes qui lui eurent été données de voir.
Lorsqu’elle trouva enfin un nouveau Sang-du-Diable, elle dut se jeter au sol pour empêcher son phœnix de le lui voler. Lorsqu’elle se releva, victorieuse, la boue maculait ses vêtements et son visage.

– Tu te trouvais trop pâle ?

La jeune Olm se retourna et aperçut Joshua quelques mètres plus loin. L’Elfe des Marais avait les bras chargés de bûches fraîchement découpées, tandis qu’une hache grossièrement taillée pendait à sa ceinture. Quelques mèches de cheveux, trempées, tombaient mollement devant ses yeux.
Finalement, avec son petit sac d’herbes et sa faucille, elle pouvait s’estimer chanceuse.

– Je m’essayais au camouflage, répliqua-t-elle sur un ton cinglant. Mais apparemment, ça n’a pas l’air de fonctionner.

En voyant le visage de son ami se décomposer, Eli-Ann regretta immédiatement ses paroles. Joshua avait toujours été là pour elle et en dépit de ce qu’il pouvait ressentir à son égard, jamais il ne s’était montré insistant ou désobligeant.

– Je, heu… reprit-elle maladroitement. Je vais faire un petit détour par la rivière avant de rentrer. Tu veux m’accompagner ?

– Si tu veux, répondit Joshua d’une voix blanche.

L’Émissaire du Feu se mordit la lèvre inférieure et ferma brièvement les yeux, consciente d’avoir blessé malgré elle son Catalyseur.
Le chemin jusqu’à la rivière lui parut interminable, tant le silence qui venait de s’immiscer entre eux était pesant. Joshua, qui l’avait récemment étonnée par son optimisme et sa détermination, s’était à nouveau enfermé dans le mutisme qui le caractérisait au moment de leur rencontre.
Aussi décida-t-elle d’engager la conversation la première.

– Ça fait plusieurs jours que nous n’avons pas vu Danà, risqua-t-elle. Tu penses qu’elle va bien ?

L’Elfe des Marais haussa les épaules.

– Aucune idée.

– Je vois… Et pour An-Guë, tu crois que ça va aller ? Il ne le montre pas, mais je pense qu’il vit très mal la perte de son bras.

Nouveau haussement d’épaules.

– C’est un guerrier, il apprendra à s’en passer.

Fin de la discussion.
Eli-Ann se sentait agacée par le manque de répondant de son ami, mais elle ne laissa toutefois rien paraître et réfléchit au meilleur moyen de provoquer une réaction de sa part. L’occasion de présenta très vite lorsqu’ils arrivèrent enfin au bord de l’eau.
Elle ôta machinalement ses vêtements et les fixa autour d’une branche morte qu’elle plongea dans la rivière. Elle s’assura que celle-ci ne soit pas emportée par le courant, puis reporta son attention sur Joshua en constatant avec amusement qu’il s’était retourné de manière à ne pas la voir nue.
Soudain plus confiante, la jeune Olm se surprit à vouloir le provoquer.

– Tu ne veux pas te baigner ? demanda-t-elle d’un ton neutre. Passer la matinée à couper du bois, ça n’a pas dû être facile.

L’Elfe des Marais resta parfaitement immobile.

– Non, ça ira.

– Comme tu veux, fit l’Émissaire en se glissant dans l’eau fraîche. Tu ne sais pas ce que tu rates, en tout cas. L’eau est vraiment bonne, on pourrait discuter de tout et de rien en se laissant porter, comme le feraient de bons amis insouciants…

– Nous n’avons pas les mêmes coutumes alors, répliqua Joshua en essayant d’avoir l’air convaincant. Dans les marais, les seuls corps qui se laissent porter par l’eau sont les cadavres dont on veut se débarrasser.

Après toutes les horreurs vécues ces derniers mois, Eli-Ann ne se laissa nullement impressionner par la réponse morbide de son ami et choisit un nouvel angle d’attaque.

– Je t’ai vu utiliser la magie, l’autre jour, contre le vieil illuminé. Tu ne m’avais pas dit que tu étais capable de la maîtriser.

Joshua voulut se retourner pour lui répondre mais il se ravisa au dernier moment. Il sembla réfléchir un instant puis s’assit finalement sur l’herbe, toujours dos à l’Émissaire.

– Je suis ton Catalyseur, répondit-il amèrement. Pas ton époux. J’essaie de te garder en vie, c’est tout ce qui m’importe.

La réponse de son ami la blessa bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. La perte de Garaath l’avait certes ébranlée, mais elle avait depuis longtemps fait son deuil. Son mari lui avait été attribué sans qu’elle n’ait son mot à dire, et elle n’avait pas eu le temps ni l’envie de s’y attacher. En revanche, elle ne supportait pas l’idée que Joshua ne reste à ses côtés que par obligation envers son statut forcé de Catalyseur.
Elle décida alors de faire la chose la plus stupide qui lui vint à l’esprit : mettre la tête sous l’eau et inspirer profondément.

*****************

An-Guë se releva pour ce qui semblait être la centième fois et cracha au sol par dépit. Le goût de la terre dans sa bouche commençait à l’écœurer, et ses muscles endoloris le suppliaient d’abandonner le combat à sens unique qu’il avait engagé.

– Fini, déjà ? railla le vieil homme qui lui faisait face. Ton épée est trop lourde pour toi ?

Le jeune guerrier toisa son adversaire en se demandant comment il pouvait encore tenir debout après trois heures d’entraînement. Le vieillard était si maigre qu’il suffirait d’une bourrasque pour le faire tomber à la renverse. Et pourtant, il se tenait droit et fier, un vulgaire bâton à la main, parant tous les coups d’épée avec une aisance déconcertante. La feuille de chêne dissimulant son intimité et qui lui servait d’unique vêtement contenait-elle un pouvoir caché ?

– Peu probable, marmonna An-Guë pour lui-même.

Au moment où il s’élança de nouveau, il sut que jamais il ne parviendrait à toucher Garuda. Le vieux avait raison, son épée était bien trop lourde pour lui. Son arme était conçue pour être manipulée avec les deux mains, et toute sa force de conviction ne suffirait pas à changer cela.
Son adversaire para son attaque verticale en interposant simplement son bâton, puis sauta avec souplesse sur son flanc gauche avant de lui asséner un violent coup de genou dans les côtes flottantes. Ces dernières se brisèrent sous le choc.
Le guerrier grimaça à peine sous l’effet de la douleur et vit le vieillard s’approcher de lui. Ce dernier posa ses mains fripées sur sa peau et il sentit une vague de chaleur se répandre à l’intérieur de sa blessure. Lorsqu’il les enleva, la douleur s’était totalement dissipée. Et ses côtes s’étaient ressoudées.

– Tu es trop lent, lança Garuda d’un ton grave. Trop impulsif. Trop prévisible.

– Je vous emmerde.

An-Guë jeta son arme au sol puis tourna les talons avant de s’éloigner lentement. La perte de son bras avait considérablement diminué son efficacité au combat, mais ce n’était pas ce qui l’affectait le plus. Être amputé d’un membre supérieur était un sort bien plus enviable que la mort à laquelle il s’était préparé depuis l’attaque du Dévoreur.
Depuis l’effondrement de la Citadelle, le jeune Humain avait prit le temps de réfléchir. Pour la première fois depuis très longtemps, il s’était autorisé à ouvrir son esprit discipliné et à faire le point sur tous les choix qu’il avait pu faire jusque-là. Mais cela n’avait fait qu’ouvrir une blessure plus grande encore. Une blessure qui ne pouvait être soignée par les larmes d’un phœnix.

Tout avait commencé à Lok’Nath, le village de son enfance. Là-bas, il avait vécu en toute simplicité sous la bienveillance de ses deux parents. Là-bas, il avait fait la connaissance d’une jeune fille qu’il avait aimée dès le premier regard.

– Angu, ne reste pas là ! cria une voix fluette. Ils vont arriver d’une minute à l’autre, vite !

Le petit garçon scruta les environs à la recherche de son amie. Il la repéra quelques mètres plus loin de l’entrée de sa maison, cachée derrière un imposant fût de bière. Sans l’ombre d’une hésitation, il courut dans sa direction et s’accroupit à ses côtés.

– Tu en es sûre, Oztas ? demanda-t-il avec enthousiasme. Encore une de tes visions ?

La jeune adolescente acquiesça d’un bref signe de tête en lui adressant un sourire complice.

– Deux gros bonhommes vont frapper à ta porte et demander de tes nouvelles.

Une lueur d’excitation apparut dans le regard d’An-Guë tandis qu’il imaginait les scénarios les plus fous dans son esprit.

– Et après, il se passera quoi ?

– Je n’en sais rien, répondit Oztas en toute sincérité. Mais comme tu n’es pas chez toi en ce moment, le futur va certainement être changé.

– Trop cool…

Les deux amis attendirent en silence, et leur patience fut très vite récompensée lorsque deux véritables colosses apparurent dans leur champ de vision.
Jamais An-Guë n’avait imaginé que des créatures humanoïdes puissent développer une telle musculature. Leur crâne rasé et les peintures effrayantes qui ornaient leur corps étaient dignes des histoires que racontaient parfois les parents à leurs enfants pour que ces derniers restent disciplinés. Une aura de puissance indéfinissable émanait de ces deux êtres surréalistes, et leur simple présence suffisait à paralyser de peur le jeune garçon.

L’un d’eux s’approcha de la petite bâtisse en bois et frappa trois fois à la porte. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant que celle-ci ne s’ouvre, laissant apparaître une petite femme brune, dont la beauté naturelle était marquée par de longues années de labeur.
Ses traits se figèrent momentanément sous l’effet de la surprise lorsqu’elle aperçut les deux hommes qui lui faisaient face.

– Je peux vous aider, messieurs ?

– Votre fils, il est ici ? demanda sans détour le premier guerrier.

Toujours dissimulé derrière l’énorme tonneau qui lui servait d’abri, An-Guë tressaillit avant de lancer un regard admiratif à son amie.

– Tu avais raison, souffla-t-il en glissant sa main dans la sienne. Tu es incroyable !

Oztas lui intima de se taire, le regard figé sur la mère du garçon. Jamais son visage n’avait semblé aussi grave qu’en cet instant.

– N… non, il est sorti, répondit cette dernière d’une voix légèrement tremblante. Pourquoi ? A-t-il fait quelque chose de mal ?

– Il y a un problème, Kathy ? lança alors une voix grave.

An-Guë vit son père apparaître dans l’encadrement de la porte, et constata avec fierté qu’il n’avait rien à envier aux étrangers au crâne rasé. Même s’il était plus petit et moins épais que les deux mastodontes, son allure était celle d’un véritable guerrier, et il imposait naturellement le respect à ses ennemis comme à ses alliés.

– Votre fils, répéta le premier géant. Où est-il ?

– Cela ne vous regarde en rien, déclara l’Humain d’une voix sèche en s’emparant de l’énorme épée fixée dans son dos. Approchez-vous de lui et je vous taillerai en pièces, tous les deux.

Les deux colosses évaluèrent un moment leur adversaire du regard, puis finirent par se résigner. Ils adressèrent finalement un léger signe de tête aux parents du garçon, firent demi-tour et s’éloignèrent de leur petite bâtisse.
An-Guë vit alors l’un d’entre eux porter discrètement la main à sa ceinture et comprit instantanément son intention. Il voulut crier une mise en garde à son père, mais Oztas plaqua sa main contre sa bouche pour l’empêcher d’intervenir. Alors, impuissant, il observa son père esquiver au dernier moment une petite boule de métal blanc lancée dans sa direction.
Puis tout explosa.

D’un revers de sa main valide, An-Guë essuya avec rage les larmes qui ruisselaient sur sa joue. Plus que jamais, il se sentait extrêmement vulnérable, et il se maudissait intérieurement d’éprouver ce genre de sentiments.
La mort de ses parents avait marqué le début d’une longue descente aux enfers pour le jeune Humain. Privé de famille, il avait trouvé refuge chez Oztas qui vivait déjà en autonomie depuis plusieurs années, et son amour pour elle n’avait cessé de croître. Sa magie le terrifiait, aussi faisait-elle tout son possible pour ne pas l’évoquer lorsqu’il se trouvait en sa présence. Mais lorsque Aïdelyn en personne avait fait le déplacement pour lui proposer une place dans son Académie, quelques années plus tard, la belle jeune femme s’était empressée d’accepter. An-Guë avait bien essayé de la convaincre de rester, mais elle restait délibérément sourde à ses protestations. « Aïdelyn pense que chaque être vivant est capable d’utiliser la magie, s’il le souhaite vraiment ! » lui avait-elle dit avant de partir. « Tu pourrais essayer et me rejoindre ! » Il avait finir par tourner les talons, incrédule, et avait couru sans relâche pour s’éloigner le plus possible de celle qui venait de le trahir.
Peu de temps après, les Gardiens de la Citadelle étaient réapparus à Lok’Nath en plus grand nombre, et avaient une nouvelle fois demandé à voir le garçon. Les habitants, pacifistes et craintifs, s’étaient empressés de leur indiquer le chemin de la maison d’Oztas. An-Guë les avait alors accueillis avec l’épée de son père, seul vestige intact de son passé, et les avait tués un à un sans l’ombre d’un remord. Il avait toutefois choisi d’épargner le dernier, un certain Gaarath, et s’en était servi de guide jusqu’à la Citadelle avec un ardent désir de vengeance.
Le Berger l’avait alors accueilli dans sa demeure et élevé au rang de Prince des Hommes, tandis que Gaarath eut la langue coupée et fut banni de sa patrie avec, pour seul espoir de retour, la réussite d’une mission cruciale qui consistait à ramener l’Émissaire du Feu. Le géant avait fini par échouer, et An-Guë s’en était lui-même chargé lors de l’offensive lancée contre Altar.
Désormais, la Citadelle des Hommes n’était plus, et l’Académie des Mages était encerclée par une cohorte de Dévoreurs assoiffés de sang. Le jeune guerrier avait mené à bien sa vengeance, d’une certaine manière, mais cela n’avait pas suffi à combler le vide qu’il ressentait.

– Je suis juste seul, lâcha-t-il avec amertume.

Derrière lui, An-Guë entendit un léger bruit de pas et comprit que Garuda l’avait suivi depuis la fin de leur duel.

– Cette forêt est différente des autres, reprit-il en lâchant un petit rire. N’ai-je pas raison, le vieux ? Il y a quelque chose qui n’est pas naturel ici.

L’intéressé surgit des buissons derrière lesquels il était caché, et le jeune Humain remarqua qu’il tenait dans sa main gauche la lourde épée de son père. Il la souleva sans la moindre difficulté et la jeta sans ménagement à ses pieds.
L’air que le vieil homme trahissait une sagesse qui imposait un respect absolu. Aussi, lorsqu’il prit la parole d’un ton grave, An-Guë ne put que l’écouter dans un silence de plomb.

– Tes sentiments, pas naturels ? lança-t-il en pointant son index vers sa poitrine. Parce que ton bras gauche ne peut plus s’exprimer, tu voudrais aussi faire taire ton cœur ?

Le guerrier baissa les yeux malgré lui. Il connaissait l’importance des sentiments dans toutes les batailles, y compris celles du quotidien. Mais en dépit de tout ce que Garuda pouvait lui dire, il restait un infirme, et rien au monde ne pourrait changer cela.
En écho à ses pensées, le vieux sage s’approcha de lui, s’empara de l’épée qui jonchait le sol et logea sa poignée dans la main de son propriétaire.

– Cette forêt, l’Eryngûr, fait tomber tous les masques, souffla-t-il dans un murmure. Elle est le reflet de ce qu’il y a de plus sincère et de plus vivant en nous. Elle nous fait ressentir les choses. Pour de vrai.

Le regard d’An-Guë se posa d’abord sur l’arme de son père, puis sur son épaule nue avant de finalement croiser celui de Garuda.

– C’est pour cela qu’il n’y a pas de Dévoreurs ici, n’est-ce pas ? devina-t-il tandis que les derniers événements lui revenaient en mémoire. Pour cela que mon bras infecté a failli être avalé par des racines. Cette forêt se défend contre tout ce qui lui est étranger.

– Contre tout ce qui est étranger à la vie et à ce qu’elle représente, corrigea le vieil homme. Mais tu as raison sur l’essentiel, mon garçon. L’Eryngûr a voulu ôter le mal qui te rongeait avec les moyens dont elle dispose. Et lorsque ton ami a voulu l’en empêcher, son arme elfique s’est simplement brisée. Cette fois-ci, la feuille a gagné contre le métal.

Un triste sourire se dessina sur le visage du guerrier.

– Alors je devrais peut-être m’entraîner avec des légumes, déclara-t-il sombrement en levant sa lourde épée. Ce métal là n’est plus à ma portée.

– Ça, c’est c’que tu crois ! lança alors une étrange voix rauque avec puissance.

Les yeux d’An-Guë s’écarquillèrent sous le choc lorsqu’il reconnut une Naine en armure de plate. Il songea alors à ce qu’avait dit Danà sur la cohabitation entre les Elfes et les Nains et constata avec stupeur qu’il ne s’agissait pas que d’une fantaisie destinée à occuper son esprit.
Une épaisse tignasse blanche lui servait de chevelure et quelques tâches de rousseur parsemaient son visage bienveillant. Seuls ses yeux verts pouvaient justifier le port d’un tel équipement. Ils étaient vifs et perçants, témoins d’une expérience que le jeune homme ne pouvait mesurer.

Garuda avança dans sa direction en affichant un large sourire édenté.

– Han-Aël ! s’exclama-t-il en la serrant dans ses bras avec affection. Je suis heureux que tu aies pu nous retrouver !

La Naine lui rendit son étreinte avec force, le sourire aux lèvres, puis se retourna vers An-Guë. Elle fixa le jeune Humain pendant plusieurs secondes, comme pour évaluer son potentiel. Enfin, lorsqu’elle fut satisfaite, elle lui lança une pierre blanche lumineuse, presque transparente.
Ce dernier la rattrapa au dernier moment, les sourcils légèrement froncés.

– Aeria, expliqua simplement Han-Aël. Suis-moi, mon p’tit, nous allons reforger cette magnifique pièce. Seigneur Gardien ?

Garuda sembla réfléchir un instant, le regard perdu au loin, puis acquiesça finalement avec frénésie en retrouvant son extravagance habituelle.

– Faites donc ! lança-t-il joyeusement. Nous nous retrouverons ce soir au Temple du Crépuscule, comme convenu. Soyez à l’heure !

*****************

Lorsque Eli-Ann rouvrit les yeux, il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser qu’elle ne se trouvait plus dans l’eau. Une tunique trop grande pour elle la recouvrait presque entièrement et un feu de camp installé à proximité diffusait une douce chaleur dans tout son corps.
Elle chercha Joshua des yeux et le repéra près du feu. En voyant son torse nu, elle comprit qu’il avait utilisé ses propres vêtements pour la réchauffer, tandis que les siens séchaient encore à proximité des flammes.
Mais lorsqu’elle croisa de l’Elfe, elle déglutit avant de vite détourner les yeux. Il avait l’air furieux.

– Mais à quoi est-ce que tu pensais ? lâcha-t-il dans un murmure à peine contrôlé.

Eli-Ann ne put s’empêcher de rougir, submergée par un sentiment de honte qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant. A quoi pensait-elle en agissant de manière aussi puérile ? Elle-même l’ignorait. Imaginait-elle que son Catalyseur allait se jeter à l’eau pour la secourir à temps, alors qu’il s’obstinait à lui tourner le dos depuis qu’elle s’était dénudée ? Que leurs corps seraient mêlés en une brûlante étreinte tandis qu’ils se laisseraient submerger par leur passion ? C’était absurde. Elle essaya par tous les moyens de chasser cette pensée de son esprit… en vain.

– Je… Je suis restée longtemps inconsciente ? demanda-t-elle d’une voix hésitante.

– Une heure, répondit Joshua en se détendant légèrement. Tu peux remercier ton oiseau d’avoir donné l’alerte, sans quoi je ne t’aurais même pas vue te noyer.

L’Elfe des Marais jeta un regard en biais à la sacoche d’herbes de son amie.

– Et je lui ai donné une de ces plantes rouges très rares pour le récompenser. Il a l’air de trouver ça plutôt bon.

Les lèvres de l’Olm se fendirent d’un sourire qu’elle ne put réprimer. Elle ne savait pas s’il s’agissait d’une blague ou non, mais cela n’avait aucune importance. Avec Joshua à ses côtés, elle pouvait bien passer le reste de la journée à courir après les Sangs-du-Diable.
Déterminée à ne plus se voiler la face, elle chercha le meilleur moyen d’expliquer ses sentiments. Mais Joshua fut le plus rapide.

– Je t’ai menti, tout à l’heure, déclara-t-il avec regret.

Eli-Ann pouvait sentir l’intensité du regard de son ami, mais elle était incapable de le lui rendre. Elle baissa les yeux et fit mine de trouver l’herbe au sol passionnante.

– Te garder en vie n’est pas tout ce qui m’importe, poursuivit-il sur le même ton neutre.

L’Émissaire du feu commença à gratter la terre avec ses ongles.
Depuis qu’elle avait fait sa connaissance, Joshua avait toujours été sur la réserve. Très pragmatique, il ne parlait que lorsque la situation l’exigeait et prenait chaque décision en considérant d’abord l’intérêt du groupe. Il ne laissait jamais filtrer ses émotions, sauf peut-être lorsque la vie de sa sœur, dont il était aussi le Catalyseur, était en danger.
Se dévoiler de la sorte devait donc beaucoup lui coûter.

– Je suis ton Catalyseur et c’est mon devoir de te protéger, mais…

– Pourquoi m’as-tu sauvée, la première fois ? coupa Eli-Ann en levant finalement la tête.

– Je…

Joshua secoua la tête, comme si la réponse semblait évidente.

– Gaarath avait été vaincu par l’assassin des marais. J’imagine qu’il te fallait un autre Catalyseur, et j’étais le seul dans les environ à pouvoir…

– C’est impossible, mon pouvoir ne s’était pas encore éveillé. Tu es devenu Catalyseur le jour où tu as combattu Mercurios, parce que… j’avais besoin de toi. Pas le premier jour. Alors pourquoi ?

Ce fut au tour de Joshua de détourner les yeux. Il resta silencieux pendant plusieurs minutes, contemplant les flammes qui dansaient devant lui, puis reporta son attention sur son amie.

– Je venais d’abandonner Chloé à la plus grande Magicienne que ce monde ait connu, se rappela-t-il douloureusement. Je venais de tuer des dizaines d’hommes simplement parce que c’était la seule chose que je savais faire. Mais lorsque j’ai affronté cet assassin, ce jour-là, c’était la première fois que je me battais pour quelque chose.

– Quelque chose ? fit Eli-Ann en grimaçant. Ce n’est pas très flatteur…

Lorsque Joshua plongea son regard dans le sien, elle sentit son cœur battre furieusement dans sa poitrine. Cette fois-ci, il n’y avait plus d’eau dans laquelle elle pouvait espérer se noyer en attendant que son ami vienne la secourir.

– Peu importe, déclara finalement le jeune Elfe en se relevant avec souplesse. Repose-toi encore un peu, on partira dès que tu te sentiras mieux.

– Attends, murmura Eli-Ann en se levant à son tour. S’il te plaît.

La jeune Olm chancela légèrement lorsqu’elle se retrouva sur ses deux pieds. Elle ferma les yeux un court moment, le temps de retrouver son équilibre, puis s’avança d’un pas hésitant vers Joshua. Lorsqu’elle ne fut plus qu’à quelques centimètres de lui, elle prit ses mains dans les siennes et fixa ses yeux violets avec intensité.

– Qu’est-ce que…

– Chut, fit-elle en lui adressant un sourire en coin. Tu parles beaucoup trop, aujourd’hui.

L’Émissaire du Feu se hissa sur la pointe des pieds tandis qu’elle incita son Catalyseur à se pencher doucement vers elle. Quand leurs lèvres se rencontrèrent enfin, Eli-Ann sentit une douce chaleur se répandre dans son ventre. Elle se pressa davantage contre le corps de Joshua et prolongea leur baiser en y mêlant fougue et tendresse.

Quelques mètres plus loin, Dipy avait plongé sa tête à l’intérieur de la sacoche d’herbes.

– Je crois que le Sang-du-Diable est perdu pour de bon cette fois, fit remarquer Joshua sans quitter sa belle des yeux.

– Au Diable le Sang, souffla Eli-Ann en resserrant son étreinte. C’est toi que je veux.

– D’accord, mais n’essaie plus de faire des jeux de mots…

Les deux amants rirent de bon cœur tandis qu’ils se laissaient peu à peu gagner par un désir grandissant. Très vite, Eli-Ann se débarrassa de sa tunique trop grande pour elle et colla un peu plus sa poitrine contre le torse de Joshua avant de l’embrasser de plus belle. Sa langue découvrit la sienne, d’abord hésitante, puis devint plus entreprenante alors que la passion les submergeait.
L’Elfe des Marais posa alors ses mains sur la taille de l’Olm et l’invita à s’allonger avec douceur sur le sol, tout près des flammes qui réchauffaient inutilement leurs corps déjà brûlants. L’Émissaire se laissa faire, frissonnant de plaisir au contact de son Catalyseur qui vint se placer au dessus d’elle. Elle fit glisser ses mains le long de son dos tandis qu’elle sentait les lèvres de Joshua parcourir avec délicatesse le creux de son cou. Elle laissa échapper un soupir de satisfaction lorsque l’Elfe décida de s’aventurer un peu plus bas, effleurant habilement la courbe de ses seins avec ses doigts, et ne put retenir un gémissement lorsque sa langue rencontra l’un de ses tétons. Les cinq sens en ébullition, Eli-Ann caressait les cheveux de son Catalyseur pour l’inciter à continuer, cambrant parfois son corps de plaisir sous les caresses langoureuses de ce dernier.
Mais lorsque Joshua entreprit de descendre davantage, elle le fit brusquement basculer sur le côté de manière à prendre le dessus. Jamais elle ne s’était donnée entièrement à un autre homme, et elle ne voulait pas rester passive tandis qu’il lui donnait ce plaisir enivrant.

De nouveau, elle l’embrassa avec fougue, brûlante de désir au contact électrisant des caresses qu’il continuait à lui prodiguer. Elle descendit à son tour, fixant de ses yeux pâles le jeune Elfe avec une lueur malicieuse qui laissait présageait une longue après-midi.
L’Émissaire déposa de petits baisers sur le torse de son Catalyseur et ses mains, qui s’étaient aventurées bien plus bas, entreprirent de défaire le pantalon encore humide qu’il portait.
Elle y était presque parvenue lorsqu’une voix claironnante s’éleva non loin d’eux.

« Quelle harmonie quand l’union de deux corps,
Éclair’ le mond’ comme un soleil d’aurore,
La nudité dans toute sa splendeur,
Sans aucun doute réchauffe nos cœurs ! »

Suite à quoi retentirent trois notes de mandoline.
Joshua réagit au quart de tour en jetant sa tunique par dessus le corps d’Eli-Ann. Sans perdre une seconde, il s’empara de sa lame de jet et l’expédia là où il pensait avoir entendu l’étrange mélodie.
Un Humain surgit de l’obscurité, les mains levées vers le ciel. Dans l’une d’entre elles se trouvait l’instrument dans lequel était figée la dague elfique. Derrière lui marchait tranquillement un Elfe des Forêts à l’allure décontractée qui semblait se mouvoir à la manière d’une femme.

– Nul besoin de violence, nous venons en paix ! s’écria l’Humain.

Eli-Ann maintint fermement la tunique de Joshua contre elle et se redressa pour faire face aux deux nouveaux arrivants. Elle songea un instant à matérialiser son chaton de braise à ses côtés, mais elle se ravisa. Quelques mètres plus loin, Dipy observait la scène près du sac d’herbes vide et ne se semblait pas se sentir menacé par cette intrusion.

– Qui êtes-vous ? demanda-t-elle d’une voix dure, furieuse d’avoir été interrompue de la sorte.

Le musicien s’inclina poliment en faisant une révérence.

– Jahcen, barde de profession, pour vous servir, annonça-t-il d’une voix faussement suave.

– On a pas besoin de vos services, répliqua Joshua sur un ton menaçant. Dégagez, tous les deux.

L’Elfe des Forêts s’avança à son tour, et son regard s’attarda longuement sur le torse nu de Joshua qui se rapprocha très vite d’Eli-Ann, comme pour le dissuader d’insister. Il lui adressa finalement un sourire enjôleur et sortit de sa tunique en cuir un petit rouleau de parchemin.

– Permettez-moi de me présenter, déclara-t-il d’un air solennel. Oïdaros, dépositaire des valeurs de la République d’Edengardh.

– République ? fit Eli-Ann, sceptique. Je pensais qu’Edengardh était divisé en plusieurs royaumes…

– Je fais aussi partie d’une cohorte, rajouta l’intéressé.

– Voilà qui change absolument tout, répondit Joshua en posant une main réconfortante sur l’épaule de l’Émissaire, comme pour la dissuader d’argumenter. Qu’est-ce que vous voulez ?

L’Elfe des Forêts déplia soigneusement le petit rouleau de parchemin et s’éclaircit la voix avant de commencer sa lecture.

« Moi, Garuda, Dieu Originel de la Vie, Roi légitime de l’Eryngûr, ai l’immense honneur de convier l’Émissaire du Feu Eli-Ann, son Catalyseur Joshua et le Perinbâl An-Guë au Conseil des Originels qui se tiendra au Temple du Crépuscule à la tombée de la nuit. Tenue correcte exigée – mais ça, c’est un ajout personnel. »

– J’ai une furieuse envie de te coller mon poing dans la figure, fit remarquer Joshua en s’assurant que son pantalon était bien en place. Pourquoi le vieux souhaite-t-il nous voir à ce Conseil ? Jusqu’à présent, il n’a rien fait d’autre que nous donner une montagne de corvées à effectuer pour son confort personnel. On a dépouillé de leurs fruits la moitié des arbres de cette forêt et ramassé des milliers d’herbes médicinales, sans compter toutes les matières premières que nous avons rassemblées. Et puis merde, c’est quoi un Perinbâl ?

– Je… Je n’ai pas les réponses à ses questions, bredouilla Oïdaros, mal à l’aise.

Une troisième personne se racla la gorge derrière l’Elfe des Forêts et le barde qui, en plus de n’avoir rien écouté de la conversation, essayait sans succès d’ôter le couteau planté dans sa mandoline.
Il s’agissait cette fois d’un Humain aux cheveux longs vêtu d’une simple robe claire ornée de runes magiques. A ne pas en douter, il faisait partie de l’Ordre des Prêtres.

– Si les deux autres guignols ont fini de se présenter, ajouta-t-il d’une voix blasée, j’aimerais que vous vous dépêchiez un peu. Le Roi aimerait que vous visitiez Galedhel avant de vous présenter au Conseil.

Eli-Ann écarquilla les yeux.

– Galedhel ? s’exclama-t-elle. Vous voulez dire…

– La glorieuse capitale des Elfes, oui… soupira le prêtre. Vous avez deux minutes pour vous… préparer.

Il ne leur fallut pas autant de temps pour revêtir à nouveau leurs vêtements respectifs. Eli-Ann utilisa son pouvoir pour les sécher rapidement et prit son phœnix dans ses bras. Joshua, de son côté, aida Jahcen à extraire la dague de jet de son instrument avant de la ranger dans son fourreau, l’air songeur. Il espérait secrètement que les forges de la cité elfique soient en mesure de réparer sa lame courbe qu’il avait brisée quelques jours plus tôt en essayant de libérer An-Guë.

De nombreuses pensées se bousculaient dans l’esprit du jeune Catalyseur. Comment les habitants de l’Eryngûr pouvaient-ils être à ce point insouciants, alors que de nombreuses vies étaient chaque jour sacrifiées sous la terrible menace des Dévoreurs ? N’avaient-ils donc aucune estime pour les êtres vivants qui évoluaient dans tout le contient, en dehors de leur précieuse forêt ? Et pourquoi Garuda, qui était conscient de l’importance capitale d’Eli-Ann en tant qu’Émissaire, leur avait-il imposé des corvées aussi insignifiantes ? Leurs talents auraient pu être beaucoup mieux employés, il en était convaincu.

– Joshua, tu viens ?

L’Elfe des Marais leva les yeux vers Eli-Ann et se perdit dans son regard gris clair. Quelles que fussent ses préoccupations, il avait au moins une certitude : il n’était pas seul. Et en cet instant plus que tout autre, il pouvait enfin entrevoir un avenir où le monde ne serait pas que ténèbres.

C’est ainsi que les deux amis, devenus amants en l’espace de quelques précieuses minutes qui leur avaient été injustement volées, suivirent leurs hôtes en direction de Galedhel, la ville où ils allaient enfin pouvoir obtenir les réponses à leurs questions.


 


7 réactions pour Chapitre 25 : Ressentir pour de vrai

  • Jonathan B.  dit:

    Je viens de terminer la lecture de mes sept chapitres à la bourre.
    Que dire ? Y’a tellement de rebondissement et d’ester eggs là dedans.
    Pour les ester eggs, j’ai ai surtout relevé trois : le craquement d’Edengardh (je m’attendais presque à voir survoler Deathwing (WoW Cataclysm pour les largués) au dessus du continent dans air sombre. T’es spotted Emmanuel ^^). De même, les Dévoreurs me rappellent comme deux gouttes les petites merdes que l’ont tuer dans Burning Crusade (WoW toujours) qui te pomper la mana et te faisaient des silences long comme la nuit dans les instances de la tempête. Enfin, le bras coupé d’An-Guë m’a rappelé ce pauvre Jamie Lannister.
    Pour ce qui est de l’histoire, c’est chaud ! Dans tout les sens du termes. Elinor out, la troisième prophétesse décapité (merci d’ailleurs, j’arrivais jamais à retenir son nom), le Berger un méchant au grand coeur, Eli-Ann sur des guiboles mécaniques (stylé au passage, j’aime cette univers croisé steampunk / heroic fantasy). Et le meilleur pour la fin : Joshua qui a le bout qui le titille. En lisant la scène près de la rivière, j’entendais de ma chambre les nombreux ovaires des lectrices crépiter (désolé les filles mais ça ne marche que sur vous).
    Pour ce qui est d’un plan plus littéraire, ça reste toujours de bonne qualité. Quelques petites coquilles orthographique très rare et parfois une narration un peu conté sur un langage oral plus qu’écrit. Mais sinon c’est chouette, particulièrement le rythme. Les temps forts / temps faibles sont bien géré et la lecture et toujours aussi agréable.
    J’attends la suite =)

    • Emmanuel Del Canto  dit:

      Le craquement d’Edengardh était l’idée de Marie à l’origine, même si ça m’a aussi effleuré l’esprit, je le reconnais. :p
      Pour les Dévoreurs par contre, tu y es presque ! C’est bien inspiré de Burning Crusade (quelle époque !), mais je pensais plutôt aux adds bien énervants entre le Chess Event et le Prince Malchezaar à Karazhan.
      Et le bras je ne pensais pas à Jamie en particulier, j’imagine plutôt un style bien badass à la Auron dans FFX, mais chacun le voit comme il veut, je ne suis pas fan des descriptions à rallonge de toute façon.
      Merci pour tes commentaires !

      • Jonathan B.  dit:

        Ainsi donc Marie aurai une culture poussée de l’univers Warcraft. Cette tierce personne est bien brave 😀
        Les Dévoreurs après le Chess Event était quand même indispensable, le Chess était vraiment ce qu’on pouvait appelé un Free Loot Event alors fallait bien ça pour compenser. Même si c’était nettement moins galère à gérer que la pluie d’infernaux de Malchezaar. Mais je suis d’accord avec toi, BC était une très grande époque. Ceci dit, Warlords of Draenor me semble promettre quelque chose de vraiment bien et point de vue lore, ça envoi du bois.
        Du coup, à quand une cité troll tenu par un ersatz de Zul’Jin dans Edengardh ? 😀

  • Jonathan B.  dit:

    Je me permet de venir interférer dans vos brillants commentaires (j’en fais de trop là…) pour avertir les deux auteurs que je me suis permis de faire un tirage papier de votre œuvre. Je ne suis pas un grand fan de la lecture numérique (à la longue mes yeux saignent), je préfère largement lire tranquille dans mon plumard et sentir mon nez s’écraser dans le papier sous le coup de la fatigue. J’ai sept chapitres à la bourre donc pas moyen de lire ça sur écran. Vous en faite pas, c’est à visée strictement personnel. Avec les maisons d’édition, la presse, les services culturels, strictement personnel quoi =) Trêve de conneries et à vos claviers jeunes padawans !

  • Emmanuel Del Canto  dit:

    Pour me faire pardonner, je vais publier un spin-off érotique d’Edengardh.
    Ça pourrait s’appeler… je ne sais pas… soixante-neuf teintes de magenta ?

    Content de savoir que tu as survécu, L.W.
    Et je valide ton défi d’ailleurs (celui de Jahcen, bien évidemment).

  • Raphaëlle  dit:

    Haha, génial toutes les références ! 😀
    J’aimerai beaucoup pouvoir valider ton défi LW, mais j’ai peur que ce soit un peu compliqué à mettre en forme 😉 Et je suis tout à fait d’accord avec toi, ça m’intéressait beaucoup d’avoir une scène vue de sexe vue un homme. Je suis frustrée, d’autant qu’on m’avait beaucoup vanté cette scène …

  • L.W.  dit:

    Wow… Je crois bien que tout est génial dans ce chapitre. Les sentiments d’Eli-Ann et de Joshua qui se révèlent sans que cela ne devienne mièvre, le passé d’An-Guë à travers un flashback auquel il est difficile de rester insensible, et une scène érotique tellement prometteuse… avant qu’un barde idiot ne vienne l’interrompre (je suis déçue d’ailleurs par cette interruption, on voit beaucoup de scènes de sexe écrites par des femmes et le point de vue d’un homme est toujours… intéressant).
    Pour la peine, je mets Marie au défi de faire mourir Jahcen d’une manière digne des meilleurs Darwin Awards, et Emmanuel de réécrire le chapitre sans l’intervention du barde (comment ça, ma requête est rejetée ?)
    Je suis contente de vous retrouver dans tous les cas. Vite, la suite !

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