Chapitre 9 : Plan et complots


Cléotran faisait enfin face à l’étrange être de métal qui l’avait tant fasciné dans la correspondance qu’il avait épluchée. Son regard balaya les courbes sans défaut de la fausse humaine. Le résultat était superbe et décevant. Il voyait la prouesse technique dans le moindre reflet qui la percutait, mais l’adoration béate qu’il avait pu ressentir se transformait en contemplation silencieuse d’un objet précieux. Qui restait un objet.
Il parcourut rapidement les quelques pas qui le séparaient de l’automate, repoussant son capuchon de manière à ce qu’on voie bien ses traits dénués d’hostilité. Il ne savait quelle part d’humanité habitait la création qu’il avait sous les yeux, mais si les lettres la présentaient comme une personne à part entière, il devait faire l’effort d’y penser comme telle. La tête se pencha vers lui, suivant le son de ses pas comme le ferait n’importe quel animal.

– Tu ne sembles pas surpris de me voir ici. Tu sembles même… Même me chercher…

– Je vous ai vu arriver de bien loin. Cela faisait plusieurs jours que je guettais ce fameux bateau porté par les nuages qui vous permet de bouger facilement. Je me doutais que vous choisiriez un temps brumeux comme aujourd’hui pour débarquer en toute discrétion.

– Discrétion, c’est une façon de voir les choses. J’ai autant de visites que si je m’étais annoncé en grandes pompes. »

Célotran jeta un coup d’œil autour d’eux, espérant apercevoir l’engin de transport qu’il savait aussi métallique que l’être qui le contrôlait.

– Il est parti, fit la voix moqueuse de son interlocuteur, comme s’il suivait le fil de ses pensées.

– Je voulais le voir au moins une fois de mes propres yeux. Ce que j’ai lu et ce que j’ai vu dessiné me laisse présager un engin fabuleux.

Fabuleux était le mot qui s’était imposé dans l’esprit du jeune homme depuis longtemps. Chaque représentation ou description de la machine donnait l’impression qu’elle émergeait d’un rêve brumeux pour y retourner aussi vite. Les gravures osaient la représenter comme un bateau de taille assez modeste tout de voile et d’acier, aux détails finement ciselés. Une toile de lin était tendue en son centre pour retomber sur les bords, sans doute pour protéger des perles de pluie qui s’accrochaient lors du voyage céleste.

Un tel ouvrage était d’une facture trop fine pour avoir été conçu à Altar, qui était pourtant considérée comme la capitale des artisans depuis bien longtemps – une tradition qui, à croire les archives de la ville, remontait à bien avant la dernière guerre d’Edengardh.

– Pourquoi es-tu venu ?

– Curiosité ?

– Mais encore ?

– Disons que je sais bien des choses sur vous.

– Cette conversation ne nous apprend pas grand-chose. Si tu ne veux rien me dire, eh bien soit, mais ne reste pas dans mes jambes.

– Excusez-moi, je suis un peu intimidé. Je sais tellement de choses sur vous que j’ai l’impression de vous connaître parfaitement. Je veux simplement vous mettre en garde. Il se murmure des choses en ville. On dit que les rebelles vont attaquer la cathédrale une fois que le Grand Maître sera élu. Ils vont profiter de la fête pour se glisser dans les souterrains et tenter de l’assassiner. Peut-être même qu’il y aura des dégâts collatéraux. Je voulais vous prévenir pour que vous ne vous trouviez pas au mauvais endroit au mauvais moment.

– Les trahisons font partie de toute vie politique, fit l’automate, avec une nuance de sourire dans la voix. Tu as peur qu’un couteau entame ma chair ? Je peux te rassurer sur ce point, il suffit que tu te serves de tes yeux pour m’observer un peu.

Cléotran hésita une seconde, de peur de paraître ridicule.

– Non, c’est vrai, je voulais simplement vous dire d’être prudent. Et que je suis avec vous aussi. Si vous me cherchez pour vous appuyer dans cette ville, je pourrais vous aider. Je sais beaucoup de choses sur les gens ici, les clans qui se sont formés entre les personnes, les mouvements de la rue, l’histoire d’Edengardh …

– Oh, tiens donc… L’histoire d’Edengardh…

– Oui. J’ai… lu beaucoup de choses, j’appartiens au service des archives. Si vous avez besoin d’aide, venez me parler. Je serai à la cérémonie de tout à l’heure.

Sur ses mots le jeune homme, troublé, tourna les talons et s’enfuit par l’escalier de pierre. L’automate le perdit des yeux alors qu’il fut avalé par l’escalier de pierre. S’il avait pu sourire, sa moue narquoise aurait suivi Cléotran entre les couloirs de la cathédrale.

*****************

Eli-Ann remonta son étole pour protéger son cou. La brise marine était glaçante, mais cela n’empêchait pas la ville d’être particulièrement animée. Elle avait quitté le mouvement fébrile des rues commerçantes et de la fête pour entrer dans le monde plus mécanique du travail de la mer. Le port, balayé par le vent, recouvert d’un tissu de gris, semblait être le seul endroit conservant son rythme quotidien, comme si à cet endroit le temps était une boucle à l’éternel recommencement, demain était sans cesse aujourd’hui, et la politique une succession d’événements ayant peu de conséquences sur le poids des marées. Tout le monde ne pouvait pas se permettre de s’arrêter de vivre pour participer aux cérémonies.

Depuis le matin, et la découverte de la fébrilité des rues pour la célébration, l’Olm ne pouvait s’empêcher de penser à l’enchaînement de ces petits riens qui ne la concernaient pas, mais qui avaient durablement modifié sa vie, une centaine d’années auparavant. La réminiscence de l’épisode du Dôme était un poids énorme sur son estomac, une sensation quasi paralysante. En parcourant la foule, elle avait cru sentir l’odeur si particulière du tanin qui avait contribué à détruire la Vallée Souterraine. Eli-Ann se rendait bien compte qu’il lui était devenu pénible de se promener dans une allée close est pleine de monde. Trop de mauvais souvenirs. Peut-être que sa vie devenait trop longue pour tous ses mauvais souvenirs, plus persistants que les rires du quotidien. Qui pouvait vivre plus de cent trente ans sans sentir son esprit se fatiguer ? Peut-être les Elfes, avec leur développement si long ?

Nauséeuse, elle se reposa quelques instants en s’adossant à une digue, faite de vielles pierres moussues, vestiges de la reconstruction. Elles étaient probablement déjà là des années plus tôt, lors de cette fête merveilleuse à laquelle elle avait assisté, celle-là même qui s’était terminée dans le sang par la première attaque de la cité d’Altar. Eli-Ann pouvait sentir en elles les vibrations de l’attaque d’An-Guë, armé de son imposante créature. Les vibrations lorsque des pans de murs entiers s’étaient écroulés, la poussière suffocante, et le sol instable. Elle était alors si jeune !

Elle se redressa en secouant la tête. Ces années avaient été terribles pour elle et pour le peuple d’Edengardh. Une transition violente pour arriver au monde tel qu’il était aujourd’hui. Et aujourd’hui, des groupes souterrains se battaient pour rétablir le monde tel qu’il était à l’époque, sans avoir conscience de tout ce qu’ils risquaient de perdre. Quel non-sens ! Pour elle, le seul combat restant n’était pas celui pour un futur aléatoire mais contre un passé persistant. Retrouver le marionnettiste devenait une obsession, un accomplissement. Peut-être même une fin.

Elle fut tirée de ses pensées pour un jeune être curieux qui la regardait se morfondre avec des yeux d’un marron pétillant. Un très jeune humain mâchonnant négligemment un bâton de réglisse. Elle lui rendit son regard.

– Tu fais quoi ? demanda le petit humain.

– Je cherche quelqu’un.

– On dirait que tu pleures. Toi aussi tu as perdu tes frères et sœurs ?

Eli-Ann s’obligea à refouler les souvenirs du Dôme, qui menaçaient de refluer en elle.

– Non, c’est plutôt une sorte d’ami que je cherche. Mais toi, tu n’es pas un peu jeune pour te promener seul ?

– Je cherche ma famille. On allait ensemble acheter à manger mais je m’ai perdu. Mais je ne voyais rien avec tout le monde, alors j’ai tourné dans la rue parce que y avait moins de monde. C’est plus facile de voir.

– Oh ! Ça fait longtemps ?

– Non, non pas très longtemps. Mais ils doivent me chercher. J’espère qu’ils ne sont pas fâchés.

La jeune femme dut s’avouer qu’elle ne savait pas du tout ce qu’il convenait de faire de l’enfant. Elle allait lui demander où il vivait, ou dans quelle auberge était descendue sa famille lorsqu’elle vit s’approcher une grande femme blonde, solidement bâtie et visiblement heureuse de retrouver le petit garçon. Elle la remercia sobrement, avec l’accent sincère de ceux qui ne perdent pas de temps à s’inventer une vérité, grondant un peu contre quelqu’un qui aurait du les orienter dans la ville mais jouait le grand absent. Eli-Ann la regarda s’éloigner avec le petit, tendre son bras valide à une jeune femme qui ne semblait pas voir. Elle regroupa un joyeux troupeau de frères et sœurs avant d’emprunter une rue en face qui débouchait sur une grande artère de la ville où ils furent tous engloutis. L’Olm resta stupéfaite par cette rencontre de quelques secondes. Pourtant, elle lui avait permis de se sortir de sa léthargie.

Le port était sans doute l’endroit qui avait le moins subi de transformation depuis sa dernière visite. Pour plus de commodité, les pierres émanant de la destruction due à l’attaque et qui gênaient le passage avaient été dégagées pour être disposées un peu à l’écart, tel un château improvisé, en ruine avant même d’avoir été bâti. C’est là, en se demandant quel chemin elle allait prendre qu’elle aperçut une silhouette sombre qui se tenait au milieu des décombres, tournée vers elle comme si elle l’attendait. Joshua. Elle reconnaissait la façon bien particulière que l’Elfe avait de se tenir.

L’ombre se détourna pour se perdre dans les ruelles, Eli-Ann enfonça ses mains dans sa longue cape et la suivit. De toute évidence, Joshua prenait toutes les précautions nécessaires pour qu’elle ne le perde pas de vue. Il ralentit même sérieusement l’allure lorsqu’ils durent traverser une foule bruyante, pour entrer dans une auberge à la devanture déteinte ; les fenêtres étaient sales comme si on en prenait pas vraiment soin. Lorsqu’elle arriva à la porte, il n’y avait plus la moindre trace de son guide. Elle la poussa pour entrer. L’intérieur était sombre et désert malgré l’affluence au dehors, et la matinée relativement claire. Un feu non entretenu était en train de mourir dans l’âtre. Sur une table sur la gauche se tenait l’unique client.

Il était attablé, à l’aise. Sa chemise de lin impeccable tranchait dans un univers aussi sale. Ses cheveux blond bouclaient légèrement sur ses épaules, comme ceux d’un enfant. Le visage d’Eli-Ann se ferma, plus par colère que de surprise. Il tenait à la main un verre de vin épicé. Les yeux perdus dans le vague, il regardait Eli-Ann s’approcher sans la voir, en remuant tranquillement son verre.

– Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas vous tuer ! siffla l’Olm en sa direction.

– C’est quoi ton problème à toi, j’ai tué tes parents ? répliqua le Marionnettiste.

Eli-Ann grimaça. Ses lèvres se retroussèrent pour laisser apparaître des canines saillantes sur sa peau noire.

– Ce n’est pas un problème de mort, vois-tu, c’est plutôt un problème de vie.

Le garçon se redressa, un sourire vint s’épanouir aux commissures de ses lèvres.

– Eli-Ann ! Je ne t’avais pas reconnu tout de suite. Cependant je suis heureux que tu aies reçu mon messager. Ne dis rien ! Tu es furieuse à cause de Joshua, je veux bien croire mais ce n’est pas une raison pour m’en vouloir. Ce n’est pas comme si je l’avais réellement ramené à la vie. Que son corps se trouve dans un trou de terre ou ici, quelle importance ?

– Est-ce que vous plaisantez ? Vous vous servez de son corps comme d’une marionnette et vous pensez que je vais accepter de vous laisser faire ?

– Je ne l’espère pas ! Ce serait beaucoup d’énergie utilisée pour rien ! Je ne suis pas sûr que tu te rendes compte à quel point le plan a été long à se mettre en place : trouver où se trouvait toute l’équipe qui avait libéré les Dieux, essayer de les convaincre de se rallier à nous, puis face à l’échec les réunir et les livrer à la vindicte populaire ! Sans même parler des corps à retrouver après cet épisode. Il fallait être un parfait acharné pour penser que cela réussirait.

– Que voulez vous ?

– Disons que la libération des Dieux n’a pas été suffisante pour eux. Oh, vous avez rempli votre rôle avec attention, et fait absolument tout comme il le fallait, félicitations ! Mais il ne faut pas croire que cela vous libère de vos obligations auprès d’eux…

– Nous n’avons aucune obligation !

– Bien sûr… Votre naïveté est légendaire.

Le Marionnettiste prit le gobelet de bois qui traînait sur la table et le remplit de la mixture épaisse violette. Il le tendit à Eli-Ann, qui le balaya d’un revers de la main.

– Sacré caractère ! commenta-t-il en voyant le liquide se répandre sur le sol de terre battue. Je n’en attendais pas moins de votre part.

– Je ne sais pas ce à quoi vous vous attendez mais je ne servirai jamais les Dieux.

– Oh, jolie poupée ! Qu’est-ce qui te dit que tu n’es pas déjà en train de le faire ? Après tout, ils ont réussi à te mener exactement là où ils le voulaient. C’est bien pour cela que nous avons cette conversation aujourd’hui.

Sur la peau noire de l’Olm commençaient à transparaître les reflets rouges de sa fureur. Quelque chose semblait avoir coloré la teinte claire de ses yeux.

Hallen observait ses changements d’un air absent, sans paraître s’en émouvoir, comme si toute cette scène lui avait déjà été décrite depuis longtemps. Son attitude ne fit qu’accentuer la fureur d’Eli-Ann. D’un claquement de doigt, elle fut près de lui, ses dagues plantées à l’endroit où il s’était tenu une seconde plus tôt. Le jeune homme avait sauté agilement sur le côté. Il croisa les bras. Quelque chose dans son attitude semblait vouloir provoquer son adversaire, cependant il ne bougeait pas.
Lorsque l’Olm paru vouloir attaquer à nouveau, Joshua s’interposa, en position d’attaque. Ses armes étaient pointées vers elle. Eli-Ann recula d’un pas, en position de défense, certaine qu’il n’hésiterait pas à s’en servir contre elle si besoin.

– Voilà au moins une raison pour vous arrêter, cracha-t-elle. Le garçon que je connaissais n’aurait jamais accepté que l’on se serve de lui comme cela.

– Le garçon que tu aimais est mort, répliqua Hallen en insistant sur le dernier mot. Ce n’est pas de ma faute si tu ne sais pas reconnaître un être humain d’une marionnette !

Il lui fallut tout son sang froid pour qu’elle se retienne de lui sauter dessus à nouveau.

– Tu ne fais que remuer des fils sans te bouger, s’écria-t-elle. Tu es un lâche !

– Oh ! S’il te plaît, épargne moi tes discours moralisateurs, je sais bien que je n’aurais pas la moindre chance contre toi. Tu as une expérience du combat bien plus importante que la mienne… ça n’aurait pas le moindre sens. Je ne suis pas un combattant, je suis un artisan.

Un bruit détourna l’attention d’Eli-Ann. Quelqu’un entrait dans l’auberge. Lorsqu’elle tourna la tête par réflexe, elle vit une créature aux allures humaines, voûtée et osseuse tournée vers elle. Et sans comprendre pourquoi, elle était au sol. Une douleur aiguë dans la mâchoire commençait à se répandre dans tout son visage. Elle se remit sur pied rapidement, s’apprêtant à frapper Joshua en retour, mais il était trop loin. Une autre créature osseuse se tenait à sa droite. Ses membres démesurément longs s’agitèrent rapidement en direction de l’Olm qui esquiva de justesse le bras projeté à toute vitesse contre elle. Il se fracassa violemment sur le sol, se déboîtant de l’épaule de son propriétaire. Ce dernier le remit à sa place dans un craquement qui le laissa indifférent.
Eli-Ann concentra ses pouvoirs contre lui, mais elle fut trop lente. Un troisième être d’os l’encerclait de ses bras disproportionnés. Il la serra avec force, comme s’il voulait lui briser la colonne vertébrale. Tout en essayant de se dégager, elle observa les alentours. Il y avait maintenant cinq adversaires dont elle connaissait la présence, et peut-être d’autres derrière elle. Joshua avait disparu, Hallen avait récupéré une chaise et se tenait à la même place, son verre toujours en main.
Le piège avait donc était soigneusement préparé.

– Ralala, Eli-Ann… soupirait le Marionnettiste. Je pensais que tu avais eu le temps de te préparer depuis notre première rencontre. Je t’avais pourtant prévenu que je ne serai pas un adversaire facile à battre. Je m’attendais au moins à ce que tu viennes avec la petite sœur. Je suis déçu, je l’avoue, j’espérais que tu me présenterais la fameuse Chloé.

– Si un jour je la revois, peut-être !

– La dernière fois que je vous ai vues, vous étiez pourtant ensemble. Par les yeux de Joshua, il n’y avait pas que toi. Inutile de me raconter des histoires.

Eli-Ann manquait d’air. La pression des poings de la créature qui remontaient dans son ventre l’empêchait de réfléchir correctement à un plan d’attaque.

– Nous manquons de temps, Émissaire de feu, mais crois moi, c’est une très mauvaise idée de s’opposer à moi, et à Prolios aussi. Je sais que tu es sous la protection d’une autre Déesse. On peut dire que tu as un don pour te mettre dans des situations incroyables ! Le pouvoir des éléments vous a été donné par Prolios, et il entend bien se servir de son bien comme il l’entend. Vous avez plutôt intérêt de vous plier à sa volonté, tes amis Émissaires et toi-même.

L’Olm tomba à genoux. Elle avait des vertiges.

– Le pouvoir des Elements n’existe plus, fit-elle dans un hoquet.

– Je ne te pensais pas si naïve… Mais soit, si tu penses que toute la magie que tu as portée au creux de ton corps peut disparaître d’un coup, libre à toi.

Sous ses mains, elle sentit des vibrations parcourir le sol. Elle prit conscience d’un grondement terrifiant qui emplissait l’air, supplantant rapidement la lourde rumeur de la rue en liesse. Eli-Ann sentit que l’étreinte de son adversaire s’affaiblissait, mais elle-même n’était pas en mesure de contre-attaquer. Sa vision était parcourue de vagues.

– Ça, ma chère, c’est le signal du départ. Il semblerait que nous ayons réussi à attirer ton attention suffisamment longtemps pour pouvoir animer un peu cette ville. Franchement j’ai eu peur que le fait que Chloé ne soit pas avec toi puisse altérer nos plans, fort heureusement elle semble effectivement trop occupée pour s’occuper de la situation d’une ville comme Altar.

L’odeur de tanin, cette substance particulièrement inflammable qu’elle avait manipulé il y a bien des années, et qu’il lui avait semblé sentir toute la matinée, se faisait de plus en plus présente. Une onde de chaleur lui caressait la joue, emplissant ses poumons qui peinaient encore à irriguer tout son corps.

Penchée sur le sol, ne pouvant s’empêcher de tousser , elle ne vit que les bottes d’Hallen qui s’arrêtèrent à sa hauteur.

– Nous te laissons dans ton univers, Élément de feu. Sache tout de même que pour ma part, tu es particulièrement décevante à être toujours exactement là où on veut que tu sois. Il n’y a vraiment aucun mystère dans ton comportement …


 


Donnez votre avis !

Vous pouvez utiliser les balises HTML et attributs suivants : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>